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La scène se passe dans le cabinet du Psy.

Thomas, est allongé sur le divan, il semble en proie à une vive agitation. Un peu en retrait, derrière lui, le Psy griffonne tranquillement sur son calepin.

Le Psy : (…) Vous étiez en train de me raconter votre enfance…

Thomas : Oui docteur…Une enfance normale non dénuée de moments forts…L'un d'eux fut sans nul doute le choc de « Stars Wars » mais plus encore la place primordiale que pouvait avoir un méchant dans une histoire.

La phrase : « Luke, laisse toi envahir par le coté obscur… je suis ton père ! » m'a longtemps hanté. J'étais troublé… Comment cet « homme » au masque noir et à la voix d'outre-tombe avait-il pu en arriver là et comment pouvait-il être le père du jeune Skywalker, chevalier sans peur et sans reproches.

Depuis j'apprécie davantage les acteurs qui ont la geule du méchant de service comme Jack Nicholson ou encore Gary Oldman. C'est donc naturellement que je me suis mis à la lecture des bd's où mercenaires sanguinaires, ennemis diaboliques et conspirateurs machiavéliques sont légion.

C'était Rastapopoulos contre Tintin, Olrik contre Blake et Mortimer, Raspoutine contre Canardo pour le côté franco-belge et tout les Joker, Double-face, Venom et autres pour le côté « Comics ».

Plus tard, des magazines comme « Métal Hurlant » ont contribué à définir le style de B.D. dans lequel j'évolue aujourd'hui. Que ce soit de la S.F ou du WESTERN, en passant par le POLAR, j'aime toujours qu'il y ait quelque chose de particulier, d'insolite, voire de dérangeant.

Canardo par Sokal Raspoutine par Sokal

Le Psy : (il ferme les yeux)... Je vois… Pour schématiser, on pourrait dire qu'il y avait en vous un équilibre du combat entre le bien et le mal. Or, de plus en plus vous alliez vers le côté « underground » de la bd, le côté sombre et c'est pour compenser ce penchant que vous avez souhaité aller à la rencontre des auteurs, les « gentils », qui allaient vous faire de jolies dédicaces.

Thomas : Euh, si ça peut vous faire plaisir… En fait, je suis venu progressivement aux dédicaces à partir de fin 97 où j'ai découvert que ça existait ! Je n'ai d'abord eu que deux dédicaces la première année et puis je me suis lancé sérieusement, mais jamais à outrance, à partir de 1999.

Le Psy : Racontez-moi un peu cette nouvelle étape de votre passion…

Thomas : Ma première séance s'est tenue dans les locaux d'une fondation où une exposition réunissait les peintures réalisées par des dessinateurs de BD. Parmi les auteurs présents, il y avait Bilal et Druillet ! Les seuls qui avec Moebius comptaient pour moi à l'époque. Pour une première fois, je ne m'en suis pas sorti trop mal puisque je faisais partie des 80 personnes (oh !) qui ont eu un dessin sur les 300 (he be !) qui patientaient… L'état d'esprit y était très sympa.

Le Psy : Je n'ai jamais vu… euh je veux dire… l'on voit assez rarement, des auteurs comme Bilal apprécier ce genre de rencontres. Pouvez-vous développer ? Y avait-il des Pom pom girls nues qui dansaient autour de lui ?


Il y avait peut-être des crêpes...

Thomas : C'était trois ans avant la sortie du « Sommeil du Monstre » dont on pouvait déjà admirer quelques planches définitives sur calque à l'acrylique et au pastel. L'ambiance était moins tendue que pour une dédicace en festival. Les gens connaissaient le prestige d'avoir une dédicace de Bilal mais restaient néanmoins très dignes, quitte à ne rien avoir du tout. Quant à Bilal, je ne saurais jamais ce qu'il l'a poussé à dire qu'il était content ce jour-là et à dessiner à tour de bras.

Le Psy : Et depuis ?

Thomas : Des rencontres et autant de souvenirs en quantité ! Quelques-unes unes me viennent immédiatement à l'esprit comme celle qui s'est déroulée à Buc. Le festival touchait à sa fin et, normalement, je ne pouvais plus avoir de dédicace. Mais comme l'auteur en face de moi s'appelait Blanc-Dumont, qu'il avait à boire et que le discours de clôture du maire ne le passionnait pas, il a accepté très gentiment de me faire une dernière pirouette de crayon. Il a pris tout son temps ce qui nous a permis de deviser tranquillement sur ses albums, ses méthodes de travail et des choses qui le touchaient… Puis, nous ont rejoint d'autres auteurs comme Van Linthout, Robin, Rossi, Gos et Cromwel et on a bien déconnés !

Je qualifierai une autre rencontre de magique… Tout commence quand j'apprends que pour l'achat d'un Moebius aux éditions Stardom, on obtenait une dédicace du Maître ! Renseignement pris et divers coups de fils fébriles plus tard, on me dit de venir à l'adresse des Editions sus-nommées et LA OH SURPRISE, OH JOIE INTENSE…

Le Psy : On se calme Thomas, on se calme.

Thomas : MOEBIUS ! En personne m'ouvre me salue et me demande si la vie est belle ! Il était en plein chantier, finissant les couleurs du Blueberry et du « Moebius » à la fois. Il m'a fait un joli petit dessin tandis que toujours pétrifié j'essayais de bredouiller des « mercisvousêtesgénialestcequejepeuxhabiterdansvotreatelier ? ».

Et puis il y a aussi l'histoire où j'ai attendu toute une journée pour un super dessin de Masbou… ou bien encore la fois où Roba m'a renvoyé mes deux albums dédicacés… au bout de deux ans… aaaah (soupir de bonheur).

 
 
Suite de la séance
 
 
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