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Les libraires BD évoluent

Le marché de la BD est régi par la Loi Lang sur le prix du livre qui limite la concurrence sur le prix entre les magasins. Quand en Belgique les réductions atteignent facilement les 20%, la prime à la fidélité est limitée à 5% sur le prix affiché en France, sauf ventes d’occasions. C’est d’ailleurs sur ce créneau que les marges sont en fait les meilleures.

Grâce à cette loi de l’ère Mitterrand, de nombreuses librairies ont pu tenir et même se développer malgré l’ouverture de rayons « culturels » dans la grande distribution. Mais face à la déferlante de production qui ne cesse de progresser (près de 4.500 BD francophones pour 2007), les libraires peuvent facilement se transformer en simples manutentionnaires qui font les beaux jours des diffuseurs, les seuls à toucher sur chaque album invendu ! Et surtout, ils sont de moins en moins nombreux à pouvoir lire ce qui sort.

Voilà pourquoi, mis à part les grands distributeurs comme les Espaces culturels Leclerc, les réseaux spécialisés se développent :

  • Magasins FNAC (110 magasin dans le Monde dont 69 en France), 1er libraire français avec une part de marché dans la BD supérieure à celle du livre
  • Groupe Hachette qui possède encore les 34 magasins VIRGIN mégastore et 17 librairies Furet du Nord et qui a failli les céder dernièrement au Groupe PPR, propriétaire de la FNAC
  • Croissance des boutiques franchisées ALBUM qui s’implantent progressivement dans toutes les villes (26 actuellement dont 8 en Île-de-France)
  • Transformation de l’ALBD (l’Association des Libraires de Bande Dessinée) en un groupement commercial libraires spécialisés et indépendants (GLBD : 109 adhérents en France, Belgique, Suisse, Québec, Italie et Chine)

Au final chacun de ces réseaux propose un grand choix d’albums, garantit des conseils, assure à ses clients la remise de 5%. Album ou GLBD proposent aussi des produits dérivés, des ex-libris et autres tirages de tête et offrent un magazine régulier sur l’actualité BD, à l’heure où les éditeurs leur abandonnent progressivement ce créneau promotionnel.

Et la concurrence se place aujourd’hui jusqu’aux prix récompensant les auteurs : la FNAC et la SNCF viennent de réussir une OPA sur le Grand Prix du public du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, qui portera désormais leur nom et sera promu dans les magasins FNAC et les gares. De son côté, le GLBD promeut le Prix des libraires de BD créé en 1990.

Espérons que cette organisation des distributeurs préserve bien la richesse et la diversité du marché et lui permette de continuer à progresser.

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Manuel F. Picaud
02/11/2007 - source : auracan.com