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Hasta la Victoria : la genèse d'une série signée Stefano Casini

L’entrée de Stefano Casini au catalogue des éditions Mosquito est l’histoire, comme souvent, d’une rencontre. Michel Jans, l’animateur de la petite maison iséroise, raconte sa rencontre et sa relation avec le créateur italien.

Ce vieux routier de la BD italienne, qui affiche à son compteur une trentaine d’albums dans la série de science-fiction Nathan Never chez Bonelli, voulait faire autre chose, un album plus personnel. Il est vrai que chez Bonelli, Nathan Never tient un peu de l’usine, soit dit sans mauvaise arrière-pensée : la série compte une centaine de titres, et les dessinateurs se succèdent pour enchaîner les albums (d’une centaine de pages) à bon rythme, en suivant une bible graphique bien précise.

Donc, comme certains auteurs italiens, Stefano Casini voulait réaliser des choses personnelles. L’intérêt de Mosquito pour la production italienne aidant, il rencontre Michel Jans et son équipe lors d’un festival de BD de Lucca il y a une dizaine d’années, et présente son travail. Les années passent, puis il envoie le projet Moonlight Blues à Michel Jans, qui accroche : « Cela cadrait avec ce que nous faisons, un travail très professionnel qui plus est, d’une grande maturité graphique. Stefano avait envoyé son travail à plusieurs éditeurs, j’ai été le premier à lui répondre oui. Nous avons renoué le contact. »

Le temps aidant, et la confiance s’installant, la nature des relations change. Michel Jans raconte : « Il y a trois-quatre ans, je lui ai dit qu’en France, il était bon de réaliser un album par an, pour se faire connaître. Il en a convenu, et m’a proposé une série qu’il avait envie de réaliser sur Cuba. Il n’avait rien fait, c’était juste l’idée bien développée. Je lui ai donné mon accord de principe, mais à condition de respecter certaines contraintes inhérentes aux séries. Nous nous sommes arrêtés sur une série en quatre albums, au rythme de un par an, pour ne pas décevoir les lecteurs. »

Même s’il souligne la difficulté pour un petit éditeur de soutenir financièrement une opération lourde comme celle-là, Michel Jans ne regrette pas, dressant un premier bilan positif d’une course bien engagée : « C’est un vrai professionnel, impeccable, il tient les délais depuis le début, sans retard, et le quatrième sera aussi dans le temps. Le bouquin est prêt pour Angoulême à chaque fois. »

Hasta la Victoria ! T1 Hasta la Victoria ! T2 Hasta la Victoria ! T3

Les deux hommes s’entendent bien, et se comprennent : « Stefano est un type intéressant, volontaire, qui a vraiment envie de faire des choses personnelles. Parce que pour un auteur, faire des choses avec un petit éditeur comme Mosquito, il faut en vouloir. Mais l’intérêt financier n’est visiblement pas la première chose qui le motive. Parallèlement, il continue chez Bonelli. Grosso Modo, il fait donc deux albums par an, soit environ 150 pages. »

L’auteur toscan – il habite près de Pise, au bord de la mer – assure aussi quelques cours de BD et de graphisme dans une école de bande dessinée à Florence. Encore peu connu en France, il bénéficie d’un beau succès d’estime, et a toutefois été remarqué au festival de Brignais, près de Lyon, dont il est le lauréat du prix de crayon d’or 2006. En 2007, invité d’honneur du festival, il a réalisé l’affiche.

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Mickael du Gouret
22/01/2008 - source : auracan.com