www.auracan.com
Lucky Luke est orphelin

Un Lucky Luke par Morris sur un décor de Francq

Lucky Luke et Joly Jumper par Morris, dans un décor dessiné par Philippe Francq © Morris, Francq, Dargaud
Dessin de couverture d'Impayable n°0 (1989),
édité par Graphic Strip.

La triste nouvelle n'est tombée que jeudi soir : Morris, l'auteur du plus célèbre lonesome cow-boy de la bande dessinée, est mort lundi 16 juillet des suites d'une mauvaise chute. Il allait avoir 78 ans le 1 décembre prochain. Il a été enterré dans l'intimité vendredi à Bruxelles.
Maurice De Bevere, de son vrai nom, commence sa carrière de dessinateur à vingt ans dans un studio belge de dessins animés (CBA). C'est à la fermeture de celui-ci qu'il rejoint Franquin et Will chez Jijé, pour former ce qu'on appellera " la bande des quatre ". En 1945, il se lance dans l'illustration en réalisant de nombreux dessins et couvertures de magazines. Il crée Lucky Luke, son personnage fétiche en 1946. De 1950 à 1955, Morris part vivre aux Etats Unis. Il y apprend notamment l'art de la caricature, qui sera présente dans toute son œuvre. A son retour, c'est à René Goscinny qu'il confie les scénarios des aventures du cow-boy qui tire plus vite que son ombre. Ce n'est que le décès du scénariste en 1977, après 38 albums, qui mettra fin à cette fructueuse collaboration. Par la suite, c'est toute une série d'auteurs qui se succéderont pour écrire ses histoires : Bob de Groot, Xavier Fauche, Jean Léturgie, Lou Hartog Van Banda, Guy Vidal… En 1987, il crée une première série parallèle en mettant en scène Ran-Tan-Plan, le chien le plus idiot de la BD, dans une série de gags et courts récits. La réalisation est confiée des collaborateurs tant au niveau du dessin qu'à celui du scénario. Fin des années '90, une nouvelle déviation, intitulée Kid Lucky, racontant l'enfance du célèbre tireur de l'Ouest, fera son apparition avec aux commandes Jean Léturgie et le duo Yann & Conrad (Les Innomables), signant de concert sous le nom de Pearce. Mais cette dernière expérience ne durera que le temps de deux albums.
Avec plus de 250 millions d'albums vendus dans 30 langues, le succès de Lucky Luke est planétaire. Mais Morris restait pourtant modeste et à l'ombre de son héros. " Ce qui compte ce sont mes personnages, pas moi. " aimait-il de dire.

   
20/7/2001 - source: auracan.com
 
Copyright Auracan, 2001
Contact : info@auracan.com