Erik Arnoux, un auteur au pays des fées
Le scénariste de Sophaletta, Erik Arnoux,
s'apprête à publier une nouvelle série,
illustrée par Jean-Marie Michaud. La Dernière
Fée du Pays d'Arvor narrera l'histoire d'une petite
fille, née d'un adultère, dans un moyen âge
réinventé. Des fées souhaitent communiquer
avec elle, afin de lui apprendre qu'elle aussi fait partie
du monde merveilleux. Seulement six mois séparent Folianne
des onze ans, âge mythique où sa nature doit
obligatoirement lui être révélée.
A défaut, elle mourra ses onze ans révolus.
La quête des émissaires des fées va être
contrecarrée par une obscure puissance
Le récit est prévu en trois albums. Le premier
d'entre eux, Folianne paraîtra dans la collection
Grafica en septembre prochain. Il sera suivi par Ombreux
et Astrée. Chaque titre correspondant à
un personnage important de la série.
Erik Arnoux souhaitait dessiner lui-même la Dernière
Fée du Pays d'Arvor, mais fort pris par ses différentes
collaborations, il a renoncé au bout de quelques planches.
Les éditions Glénat lui ont alors proposé
Michaud. "Lorsque j'ai vu les pages d'essais,
confie Erik Arnoux, j'ai été emballé
car ce dessinateur ressentait l'univers du récit. Son
dessin, en couleurs directes, est beaucoup plus vivant que
celui de ces précédentes séries (De
profundis, le Principe de l'Enfer)
Une réussite
!"
Cependant, le scénariste avoue avoir eu une certaine
inquiétude lorsqu'il a commencé cette collaboration
: " Lors de l'écriture du synopsis, j'imaginais
que cette histoire serait dessinée dans un style proche
des dessins animés de Walt Disney, ou même dans
une griffe plus parodique, à la  Lanfeust de
Troy. Michaud amène plutôt le récit
vers un style réaliste, proche de Bourgeon.
Mais je dois avouer que certaines planches sont tellement
belles que cela me fait partiellement oublier mon idée
initiale ".
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Parallèlement à La Dernière Fée
du Pays d'Arvor, Erik Arnoux continue ses différentes
collaborations. L'auteur avoue avoir beaucoup d'espoir dans
Witness 4 (chez Soleil) et plus particulièrement
dans son dessinateur, Chrys Millien : " Nous
travaillons d'une manière très proche. Je m'investis
dans le story-board et nous dialoguons énormément.
Les couleurs de Witness 4 sont intéressantes, car faites
par le dessinateur lui-même. Chrys scanne ses planches
et leur donne un petit supplément d'âme grâce
à l'informatique, qu'il maitrise vraiment pas mal ".
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Interrogé sur le contenu des remerciements du premier
album, A cur Perdu, l'auteur sourit : "
J'ai remercié un certain Henri F. pour le 'ticket
de sortie', tout simplement parce que Henri Filippini
est mon directeur littéraire aux éditions Glénat
et qu'au fil des ans, une véritable relation de confiance
est née entre nous. Il n'est pas très branché
science-fiction et m'a conseillé de proposer le projet
ailleurs. Je connaissais depuis des années Mourad Boudjellal,
le boss des éditions Soleil et le projet s'est naturellement
fait chez eux ! ".
Le deuxième tome de cette série futuriste
en six albums, l'Icône sans Mémoire, paraîtra
à la fin du premier trimestre 2003. Le troisième
pour Angoulême 2004.
L'auteur poursuit également sa collaboration avec
Michel Pierret sur les Aigles Décapitées
et a remit en question les fondement de la série :
" Le précédent scénariste, Jean-Charles
Kraehn, avait embarqué Hugues de Crozenc, à
Nicosie pour combattre les infidèles. J'ai tenté
de terminer cette histoire, au mieux. Mais je souhaitais rompre
avec une certaine monotonie qui s'installait dans les Aigles
". Il est vrai qu'à la fin du quinzième
album, Mahaut, Sire Hugues de Crozenc gît, agonisant
au fond d'une crevasse. C'est osé de laisser le héros
d'une série à succès pour mort et de
passer le relais à d'autres personnages.
"Nous retrouverons les deux enfants de Hugues de
Crozenc, confie Erik Arnoux. Je raconterai la haine
qui anime les jeunes Sigwald et Mahaut, nés de deux
mères différentes. Ils se battent, à
leur manière, pour récupérer le fief
de leur père. On pourrait rapprocher cette histoire
des ambiances du film La Guerre des Boutons ".
Le scénariste nous apprend vouloir arrêter cette
expérience après le dix-huitième album.
" En accord avec les éditions Glénat,
je souhaite laisser la série aux mains de Michel Pierret.
Ce dernier signe le scénario d'une nouvelle série
aux éditions Glénat (Hildagos, avec Marco
Venanzi) et aura donc suffisamment d'expérience
pour reprendre la destinée de nos personnages sans
heurts ".
" Si on analyse les collaborations entre les différents
auteurs des Aigles Décapitées, on se rend compte
que l'on suit le principe des comics ou des feuilletons télévisés
d'Hollywood, c'est-à-dire : des auteurs interchangeables.
Chacun d'eux apportant le meilleur de lui-même dans
l'univers de la série pendant un laps de temps (in)déterminé
", confie le scénariste. Depuis sa création,
en 1985, trois scénaristes (Patrice Pellerin,
Kraehn & Arnoux) et deux dessinateurs (Kraehn et Pierret)
se sont succédés
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Le seizième album, La Guerre des Aigles, paraîtra
en octobre. Arnoux, même s'il préfère
écrire des histoires plus personnelles confie à
propos de cette expérience : " Je suis heureux
que Jean-Charles Kraehn et mon éditeur m'aient confié
cette série. Je constate, lors de festivals, que beaucoup
d'amateurs des Aigles sont étonnés de
voir, des mois après la lecture des deux derniers albums,
le changement de scénariste. C'est positif et démontre
que je suis dans la lignée des récits de Jean-Charles".
Erik Arnoux avoue prendre conseils auprès d'une jeune
historienne, Sophie Fougère, spécialiste
du Médiéval, pour les Aigles Décapitées:
Elle s'est investie dans la recherche documentaire, mais aussi
dans l'écriture : "Sophie apporte beaucoup
à la série, du fait de ses connaissances en
Histoire, mais aussi grâce à sa sensibilité
féminine. Il est donc évident qu'elle poursuivra
avec moi l'écriture et les dialogues avant ma cession
à Michel Pierret".
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Le principe du co-scénario plairait-il au scénariste
? " J'ai mis en route une histoire se déroulant
en Chine, dans les années 20, qui avait été
bien accueillie par Henri Filippini. Le projet n'a pas encore
aboutit pour différentes raisons, mais Sophie a fort
envie de lui redonner une nouvelle vie, avec moi ! Nous recherchons
un dessinateur (petite annonce gratuite) ! "
Autre création d'Erik Arnoux : Sophaletta.
En pleine Russie des Tsars, Cette jeune femme issue de la
noblesse, se bat pour se venger de ceux qui ont spolié
son nom. Après avoir dessiné lui-même
trois albums, l'auteur est littéralement enthousiasmé
par la reprise graphique de Dominique Hé. " La
série a pâti de mon manque de régularité
lors des trois premiers albums. A présent, elle a acquit
un nouveau souffle grâce à Dominique Hé,
qui donne beaucoup de lui-même, d'une part pour être
le plus fidèle possible à mon style graphique,
mais aussi pour retranscrire cet univers historique qui le
passionne".
Le septième album conclura la deuxième époque
de la vie de Sophaletta : "Les trois premiers albums
se déroulaient en 1904, les trois suivants durant la
révolution russe en 1917. Le septième album
contera la prise du Palais d'Hiver en novembre 1917 ! ".
Les éditions Glénat en profiteront alors pour
publier l'entièreté de la série sous
une nouvelle maquette et de nouvelles couvertures et relanceront
l'ensemble avec une opération publicitaire à
définir (sans doute le premier album offert avec le
septième).
Lorsque l'on lui demande des nouvelles de Celadon Run,
un thriller paraissant dans la collection Bulle Noire, Erik
Arnoux se montre moins enthousiaste, mais néanmoins
lucide : " La série n'a malheureusement pas
eu beaucoup de chance. Trois dessinateurs différents
pour trois albums, le lecteur ne s'y est pas retrouvé
! Et les ventes sont plus que moyennes. Heureusement, Alain
Queireix travaille sur le tome 4 avec beaucoup de dynamisme.
Peut-être allons nous vous enfin Tracy évoluer
dans la bon sens (ventes ?), sinon j'arrêterai cette
série sans remords. Alain et moi pourrions parfaitement
faire autre chose, car il est diablement bon en dessin réaliste
contemporain ".
Dessinateur de formation, Erik Arnoux a dessiné quatre
albums de Timon des Blés et les trois premiers
Sophaletta. Le dessinateur a-t-il définitivement
abandonné son crayon ? " Pas du tout, dément
Erik. Je m'investis énormément dans les histoires
que je scénarise. J'établis un découpage
dessiné, réalise certaines études personnages
et corrige parfois les planches. La Dernière Fée
du Pays d'Arvor était une série que je me
destinais, mais aujourd'hui, j'ai plutôt envie de collaborer
avec un scénariste, à mon tour. C'est paradoxal,
mais j'ai besoin que quelqu'un écrive pour moi et apporte
un autre regard exigent sur mon travail. "
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D'ailleurs, il a travaillé pendant un temps sur un
projet de reprise de Samba Bugatti, série de
science-fiction crée par Dufaux et Griffo.
"Malheureusement, Jean Dufaux a beaucoup de travail,
soupire-t-il, et n'a jamais donné suite à
ce projet, même si cela lui tenait très à
cur. Graphiquement, l'univers m'intéressait et
j'aurais appris beaucoup en me collant au trait de Griffo,
mais bon
J'ai aussi fait une page test pour la Ballade
au Bout du Monde que je voulais dans l'esprit de Vicomte,
mais Pierre Makyo avait déjà trouvé
un repreneur".
Une actualité bien remplie, pour Erik Arnoux,
ce qui ne l'empêche pas de nourrir d'autres projets
: "Je travaille actuellement sur une histoire d'Héroïc-Fantasy
avec un jeune auteur, issu des studios Disney de Montreuil
(Gontrand Hoarau). Je suis épaté par
son style graphique, qui est aussi abouti que ses 'collègues
Disneyen', à savoir Keramidas (Luna,
avec Crisse / Editions Soleil) et l'incontournable
Guarnido, le dessinateur de Blacksad ! Reste
qu'il est fort lent. ".
"Je réfléchis également à
un polar futuriste, explique le scénariste,
pour Gilles Formosa. Un ami commun me l'a présenté
dernièrement et avons sympathisé. Ce n'est pas
à proprement parler un petit nouveau dans le métier,
vu qu'il avait signé Cargal (avec Pecqueur)
au début des années quatre-vingt".
Tout un programme !
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