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Fabien Vehlmann, entre Goscinny et Asimov…

Fabien Vehlmann (c) Nicolas Anspach - Auracan.com


Alors qu’il n'a publié que six albums, Fabien Vehlmann fait déjà partie des scénaristes convoités par les éditeurs. Le jeune scénariste excelle déjà dans des registres fort différents. De la science fiction au thriller historique, en passant même par l’humoristique… L’un des piliers du journal de Spirou, Yvan Delporte l’a même surnommé « le Goscinny du troisième millénaire ». C’est dire si son talent est grand.
Auracan.com a rencontré cet auteur prometteur pour faire le point sur ces différentes séries.

Le premier tome du Marquis d’Anaon, l’un des albums les plus remarqués du premier semestre 2002, connaîtra une suite. « L’île de Brac était un album d’initiation, confie Vehlmann. Jean-Baptiste Poulain subit les événements. Sa manière de réagir par rapport à l’intrigue symbolise son passage à l’âge adulte ». Les auteurs voulaient ainsi montrer les étapes fragiles et difficiles augurant la transition entre l’enfance à la vie d’adulte. Fabien Vehlmann préfère ne pas dévoiler la trame de ses récits, et pour cause : « J’aime savoir que le lecteur découvre l’histoire en fil de sa lecture. L’effet de surprise en sera d’autant plus important. L’ambiance de la série restera oppressante, sombre. Ma vision de ce début du 18ème siècle est contrastée entre une période qui se veut celle des lumières, et des événements irrationnels ».

Une histoire parfaitement mise en image par Mathieu Bonhomme qui vient de recevoir l'Alph'Art du premier album pour L’Age de Raison (Carabas). Ce dernier parvient à retracer d’une manière poétique la noirceur du scénario. Le jeune dessinateur a été à bonne école, puisque le duo Rossi - Le Tendre l’avait pris sous son aile, dès le milieu des années 1990. Le scénariste de La Quête de l’Oiseau du Temps avait même signé une histoire de neuf planches, Totem, avec ce dessinateur.

Extrait de Samdi & Dimanche T2 - (c) Vehlmann, Gwen & Dargaud.

Dans un autre registre, Fabien Vehlmann continue sa collaboration avec Gwen : « Je termine le troisième album de Samedi et Dimanche. Samedi s’est mis en tête de gagner plein de coquillage pour assurer le bien être de sa famille. Il est angoissé face aux responsabilités qu’entraînent la vie familiale ». Le scénariste avoue avoir beaucoup de plaisir à s’accaparer l’univers de son dessinateur. « Samedi et Dimanche est la série dans laquelle je mets le plus d’humour,s’enthousiasme-t-il. A vrai dire, j’adore çà. Je ne me le suis pas encore permis de le faire dans Le Marquis d’Anaon. Il est plus difficile de trouver le juste équilibre entre l’humour et des ambiances noires. »

Autre bonne nouvelle, les auteurs de Green Manor envisagent un troisième opus à leur sanglante collaboration. « J’étais réticent à l'idée de publier l’album de trop pour cette série,soupire Vehlmann. Je ne voulais pas écrire des récits qui se mordent la queue. La thématique du meurtre impossible est assez particulière. Je pensais avoir fait le tour de la question. Mais les éditions Dupuis m’ont convaincu du contraire. Et à vrai dire, j’ai trouvé de nouvelles idées. J’espère que le nouvel album verra le jour en 2004 ! »

Green Manor (c) Vehlmann, Bodart & Dupuis

L’auteur fourmille également de projets et s’apprête à renouveler sa collaboration avec Ralph Meyer et Bruno Gazzotti (les dessinateurs de l'album Des Lendemains Sans Nuages).

Pour le premier, il concocte une grande saga de science-fiction, narrant les aventures d’une intelligence artificielle à l’apparence humaine. « Même si IAN est inspiré de l’univers d’Isaac Asimov, je ne respecte pas les règles que l’écrivain a édictées, avoue Fabien Vehlmann. J’apprécie sa réflexion concernant l’avenir de l’humanité, tel qu’il l’a décrite dans Fondation. Les histoires se concluront dans chacun des albums, mais seront également une continuité des précédents. »


Le plus grand secret entoure le projet destiné à Bruno Gazzotti. Une seule information a filtré : il y sera question de gamins livrés à eux-même.

Par ailleurs, Fabien Vehlmann s’est associé à Franz Duchazeau (Igor et les Monstres, avec Veys) pour un diptyque. «L’Empire Inca y sera confronté à son pire cauchemar : le soleil ne se lève vraiment plus. Il ne s’agira pas d’une simple éclipse comme dans Le Temple du Soleil de Hergé, mais de la disparition totale du soleil. La panique s’immisce rapidement dans l’empire Inca. Imaginez tout ce que cela comporte de tragi-comique », sourit Vehlmann.

Le scénariste a également été approché par Alain Chabat (le réalisateur de Didier et d’Astérix et Cléopâtre) pour l’écriture d’un film. « Je prends cela avec beaucoup de précaution, car il faut beaucoup de chance et de travail pour arriver à dépasser le stade de projet, et voir mon nom sur une affiche, souligne Vehlmann. Savoir que Chabat apprécie mon travail me comble déjà de joie… ».

Le Goscinny du troisième millénaire garde la tête froide, malgré les éloges qui n’arrêtent pas d’affluer à son égard. … Et dire qu’une rumeur de plus en plus insistante chuchote qu’il sera le prochain scénariste de Spirou et Fantasio ! L’homme refuse d’en parler. « Qui ne dit mot consent », ne dit on pas ?

Fabien Vehlmann, sur Auracan.com, c'est :

Le Marquis d'Anaon, T1 Green Manor, T1
Green Manor, T2
Des Lendemains Sans Nuages
Samedi et Dimanche, T1

Découvrez également une interview de Fabien Vehlmann sur le site du Petit Neuvième.

Tous nos remerciement à la Grande Ouse pour avoir permis cette rencontre.

21/02/2003 - source: auracan.com
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