Dédicaces à Paris-BD : les auteurs
montrent les dents !
Après les dédicaces payantes lors du Festival
Humanoïdes Associés organisé dans le fameux
supermarché de la BD de Wavre, un nouveau débat
autour des séances de dédicaces a agité
l'organisation du Salon Paris-BD qui aura lieu du 12 au 15
juin dans la capitale française.
C'est la réponse de Lise Naddeo, responsable commerciale
du Salon BD de Paris, à un message adressé par
un internaute qui avait déclenché une vive réaction
de la part des auteurs de BD, notamment les membres de la
Maison des Auteurs de Bande Dessinée (MdABD). Pourquoi
? Parce que cette représentante du Salon Paris-BD y
indiquait que "Aucune bd ne rentrera sur le Salon. Un
vestiaire à l'entrée vous permettra de les déposer
jusqu'à votre sortie. Aucun sac à dos ne rentrera
sur le Salon (Vigi-pirate, sécurité). Je vous
déconseille donc vivement de venir avec vos bd personnelles
(par contre, vous pourrez en acheter pleins de nouvelles sur
le Salon, et vous les faire dédicacer si vous le souhaitez)."
Chaque éditeur étant libre de gérer
les dédicaces sur son stand comme il le souhaite, il
est assez incompréhensible d'empêcher les bédéphiles
d'emporter quelques albums avec eux pour les faire dédicacer.
D'autant que l'organisateur n'a rien à y gagner puisqu'il
ne recueille pas de bénéfice sur les ventes
d'albums. A moins que, justement, ceci ne soit un argument
commercial utilisé pour garantir aux éditeurs
de plus grosses ventes et ainsi les attirer plus facilement
sur le Salon...
Pour les auteurs, assujettir la dédicace à
l'achat d'un album sur place, c'est pénaliser le lecteur
de la première heure, c'est instituer une valeur marchande
à la dédicace. Alors que l'objectif premier
de la dédicace est la rencontre entre l'auteur, qui
travaille généralement en solitaire dans son
coin, et son public.
La MdABD a donc réagi en demandant aux organisateurs
de supprimer cette clause inacceptable faute de quoi, les
auteurs dédicaceraient en dehors de l'enceinte du Salon
ou boycotteraient purement et simplement la manifestation.
Une pétition sur le sujet a même circulé
ce week-end. Une vingtaine d'auteurs (et pas des moindres)
y adhérait déjà. Après de multiples
mails et coups de téléphone restés sans
réponse (alors qu'il répondait assez violemment
sur le sujet sur UniversBD ce 3 mai), Monsieur Bertrand Morisset,
directeur de Paris-BD, a exprimé sa position à
la MdABD ce lundi 5 mai. Il a rappelé que "ses
interlocuteurs étaient les éditeurs"...
Ce qui explique sans doute qu'il se soucie aussi peu des auteurs
qui sont pourtant les premiers concernés. Il a rappelé
que le Salon Paris-BD ne bénéficie pas de fonds
publics comme d'autres festivals et qu'il s'agit d'une entreprise
commerciale. Donc, que ce n'était pas la peine de la
saborder de la sorte. Il a également ajouté
que la réponse de la responsable commerciale était
prématurée, car lui-même n'avait pas encore
pris de décision sur l'entrée d'albums achetés
à l'extérieur du Salon, même s'il songeait
effectivement mettre en place ce système.
Finalement, il semble que les organisateurs aient renoncé
à leur projet initial, comme nous semble nous le démontrer
le communiqué de presse de Paris-BD, reçu ce
6 mai :
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Bonjour,
Depuis quelques jours, certains acteurs de la bande
dessinée s'inquiètent d'une éventuelle
politique discriminatoire en matière de dédicaces
de la part de la direction du Salon PARIS-BD qui se
tiendra du 12 au 15 juin prochain.
Il n'en est pas question. Dissuader les visiteurs
de rentrer dans l'enceinte du Salon avec des albums
achetés à l'extérieur a été
envisagé, au même titre que d'autres solutions
(limiter les albums en dédicaces, rendre la dédicace
payante, instaurer un système de tirage au sort,
éviter les feuilles volantes...).
Devant l'absence de consensus, nous avons décidé
de ne pas statuer et de continuer à contribuer
au débat, avec nos moyens, en collaboration avec
les différentes instances qui s'intéressent
à ce dossier.
Nous laisserons à chacun le soin de gérer
au mieux ces séances tout en souhaitant que le
savoir-vivre et l'accès pour tous à ces
séances de dédicaces, instants magiques
de rencontres entre auteurs et lecteurs, soient respectés.
Les motifs d'inquiétude n'ont donc plus lieu
d'être.
Bertrand MORISSET
Directeur de PARIS-BD
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Ce message ne semble pas avoir été adressé
à la Maison des Auteurs de BD qui avait initié
le mouvement de contestation, puisqu'un autre communiqué
émanant de la MdABD, cette fois, nous est parvenu ce
jour:
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Il avait été question que l'entrée
du Salon Paris-BD soit interdite aux albums acquis à
l'extérieur de l'enceinte, assurant ainsi que
les lecteurs souhaitant une dédicace achètent
leur bandes dessinées sur place. Une lettre très
officielle nous en avait même informés.
La MdABD et un grand nombre d'auteurs se sont vivement
opposés à cette mesure, qui les transformait
en agents commerciaux. Nous avons fait part de cette
réaction directement à M.Morisset, organisateur
du Salon.
Nous aurions apprécié (et nous l'en avions
instamment prié) qu'à la suite de nos
démarches il prenne la peine de nous envoyer
le communiqué de presse officiel.
Il semble en effet qu'il ait averti différents
sites et forums, qu'il ait pris contact avec des journalistes,
puisque certains de ceux-ci nous demandent une confirmation.
Mais comment pourrions-nous confirmer ? Jusqu'à
présent, il n'a pas eu le temps, ou l'envie,
de nous écrire directement. Est-ce parce que
si nous n'étions pas intervenus, le salon n'aurait
pas changé de politique ?
Une fois de plus, les premiers intéressés,
les auteurs (dont les membres de la MdABD) paraissent
avoir été oubliés. Ce qui nous
permet de mesurer l'intérêt que M.Morisset
porte à la bande dessinée.
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Il serait sans doute temps que les auteurs s'accordent ensemble
pour dresser une véritable charte de la dédicace
à laquelle serait soumise toute organisation de tels
événements... Au moins, tout le monde saurait
à quoi s'en tenir.
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