Angoulême
vire les critiques BD !
Rien ne va plus entre l’ACBD (Association des
Critiques et journalistes de Bandes Dessinées) et les organisateurs
du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême.
Jean-Marc Thévenet, directeur du célèbre festival,
a décidé alléger la traditionnelle remise des
prix du principal rendez-vous français des amateurs et professionnels
du 9e Art. Déplorant la lenteur de cette cérémonie
(heureusement dynamisée par l’excellente prestation de
Philippe Geluck en janvier dernier), Thévenet a décidé d’écarter
les prix non officiels du festival charentais. Extrait : « Je
vous confirme que nous ne remettrons sur scène que les prix
appartenant au palmarès officiel du Festival International de
la Bande Dessinée d’Angoulême et les prix partenaires
officiels ». Les membres de l’ACBD, critiques professionnels
et journalistes spécialisés en bande dessinée,
ne pourront donc plus y remettre leur prestigieux Prix de la Critique.
Nous nous étonnons d’une telle décision : certains
prix, comme le Prix Goscinny, restent
programmés lors de la dite
cérémonie. Ce ne sont pourtant pas des prix du festival.
Certes, Jean-Marc Thévenet précise, dans son courrier
aux responsables de l’ACBD, qu’il s’agit de « prix
partenaires officiels ». Soit. Mais comment explique-t-il son
choix de virer de la scène du théâtre d’Angoulême
le Prix de la Critique ? Cette distinction, récompensant le
meilleur album de BD paru dans l’année, est décernée
par un jury professionnel de journalistes spécialisés.
Précisons que cette association compte dans ses rangs, en plus
de nombreux spécialistes, les meilleurs ambassadeurs du 9e Art
dans les plus grands médias de la presse écrite, radiophonique
et télévisuelle. Ce n’est pas ainsi que la bande
dessinée gagnera la reconnaissance médiatique qu’elle
mérite.
Philippe Geluck et Jean-Christophe Ogier (Président de l'ACBD)
lors de la proclamation du Prix de la Critique en janvier 2003 |
Grand seigneur, Jean-Marc Thévenet (qui a, notons-le, pratiqué l’activité journalistique
en tant qu’ancien rédacteur en chef du célèbre
magazine « Pilote ») précise à l’ACBD
rester à sa disposition « pour envisager une solution
qui optimiserait au mieux le Prix de la Critique ». La formule
est aimable, mais suffira-t-elle à persuader l’ACBD ?
Nous pouvons en douter… Gilles Ratier, secrétaire général
de l’association des critiques BD, a pris note de cette décision
: « Le bureau a déjà réfléchi à diverses
solutions alternatives… Il est en train de les peaufiner ».
Jean-Christophe Ogier, membre de la rédaction en chef de France
Info et président de l’ACBD, complète : « Si
on n'intéresse plus Angoulême, on n'y annoncera peut-être
plus notre prix ». Ce n’est pas le 9e Art, ni sa diffusion
dans les médias français, belges et suisses, qui y gagnera. |
NDLR : Marc Carlot et Brieg F. Haslé, respectivement
rédacteur en chef et rédacteur en chef adjoint d’Auracan.com,
sont membres de l’ACBD, et sont solidaires des décisions
du bureau de la dite association.
Photo © Marc Carlot - AURACAN.COM
Illustration © ACBD 2003
Cet article est l’occasion de vous présenter en avant-première
le nouveau logo de l’ACBD. Il est signé par
un jeune et talentueux graphiste : Arnaud Chauvel. > http://www.arnaudchauvel.net |