Al'Togo
: L'Europolice selon Morvan et Savoia
Jean-David Morvan et Sylvain Savoia |
A l’occasion de la sortie du deuxième épisode
d’Al’Togo, nous avons rencontré le duo Savoia-Morvan qui guide la destinée de ce nouveau héros.
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Après avoir réalisé quelques 680 pages pour Nomad (5 tomes, chez Glénat), l’équipe s’est reformée
pour donner naissance à Albertus M’Natogo, dit Al’Togo.
Le cadre de cette série est l’Europolice, une police européenne
ayant le droit de passer les frontières de l’Union Européenne
pour poursuivre les méchants de tout acabit. Chaque histoire
peut se lire indépendamment des autres, mais divers éléments
liés au héros sont distillés dans chaque épisode
de ses aventures. Sans être une série de science-fiction,
Al’Togo se situe temporellement dans un futur proche, deux-trois
ans après la date de sortie de l’album. « Il
y a des éléments, comme les aspects technologiques, qui seront
assez rapidement réels, mais il y en a d’autres, comme
l’Europolice, qui ne verront probablement que tardivement ou
jamais le jour. Même si on en a parlé après les
attentats de Madrid, je ne suis pas sûr que l’on arrivera
facilement à coordonner une police européenne avec des
polices nationales », nous avoue Jean-David Morvan.
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Aventure, action et suspense, mais aussi humour et psychologie sont
les ingrédients de cette série très rythmée. « L’objectif
est d’avoir des personnages avant tout humains. Ce ne doit pas être
des machines à résoudre des enquêtes. Ils ont une
vraie vie entre eux et à côté aussi »,
explique Sylvain Savoia.
Pour les auteurs, le fait de placer leur héros dans un décor
bruxellois constitue un peu un retour aux sources. Tous deux ont vécu à Bruxelles
il y a une douzaine d’années, alors qu’ils suivaient
les cours en section bande dessinée de l’Institut Saint-Luc.
Certaines ambiances, certains personnages secondaires (comme la boulangère)
sont issus de leurs souvenirs de l’époque.
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Le premier épisode, intitulé « 297 km »,
voit notre héros embarqué malgré lui dans une
histoire d’enlèvement d’enfants alors qu’il
fait route vers Bruxelles pour entrer dans l’Equipe Opérationnelle
6 de l’Europolice. Le sujet de ce récit est assez grave,
puisqu’il aborde le problème des déchirements familiaux
suite à une séparation. Le choix de ce sujet n’est
pas anodin. « Nous avons voulu traiter de la difficulté des
couples modernes, qui vivent séparés, pas forcément
dans les mêmes endroits, alors qu’ils ont des enfants.
Cela peut poser des problèmes très complexes à gérer.
Moi, ça me touche, car c’est une situation que je vis
un peu, sans aller jusqu’à cette extrémité.
Heureusement ! (Rires) », raconte Sylvain Savoia. Parallèlement à ce
drame familial, on voit aussi, en quelques cases, qu’Albertus
laisse derrière lui une femme et un bébé… alors
qu’on lit plusieurs pages plus loin que c’est un célibataire
endurci. Etrange… On sent que les auteurs ont pensé leur
personnage et qu’ils nous distillent petit à petit des
petites bribes de son vécu. La psychologie a été mise
en place avec sensibilité et à-propos. Sans discours
inutile, les états d’âme des protagonistes parviennent à toucher
le lecteur.
Le deuxième tome, intitulé « Midi – Zuid »,
nous entraîne dans une course poursuite menée tambour
battant, à travers la gare du Midi à Bruxelles. Al’Togo
participe à sa première mission au sein de l’Europolice.
A la suite d’un contrôle de routine de la douane, effectué dans
un TGV en provenance d’Amsterdam, un quidam menace de faire
exploser une mallette contenant un produit hautement toxique. Une
mission délicate qui sera confié à l’EO-6.
Le troisième volet de la série
(Tajna Policja) se déroulera
en Pologne. L’Europolice se verra confrontée à la
police locale. « Ma copine est polonaise et, de ce fait,
nous avons eu un regard proche de la réalité sur ce qui se
passe là-bas. Il s’avère qu’il y a encore
dans ces pays de l’Est, des nostalgiques du communisme » nous
dit Sylvain Savoia.
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On remarquera qu’à la fin de chaque album, une bande
annonce présente l’épisode suivant sur deux à quatre
pages. « J’avais besoin de quatre pages supplémentaires
pour clôturer le premier tome. Dargaud n’a pas fait de
problème pour ajouter ces quelques pages. Mais en fait, pour
eux, cela revenait à ajouter un cahier de huit pages dans l’album.
Il fallait donc trouver quelque chose pour meubler les quatre pages
blanches. Comme on ne voulait pas tomber dans le classique carnet de
croquis, on a trouvé cette idée de la bande annonce.
Finalement, les échos ont été tellement positifs,
après la sortie de l’album, qu’on a dû remettre ça
dans le deuxième. Le problème maintenant, c’est
que je perds deux pages… (Rires) » explique le scénariste.
Côté maquette, Sylvain Savoia a opté pour une
couverture sobre, sans décor : « Je ne sais pas si
c’est
plus, ou moins efficace… Si on déplie complètement
l’album pour avoir les deux faces de la couverture côte à côte,
on remarquera qu’elles dessinent les initiales A T »… comme
Al’Togo.
© Dupuis |
Suite au désistement du scénariste initialement prévu,
Jean-David Morvan a repris la destinée de Spirou avec son complice
de « Merlin », l’auteur espagnol Munuera. Le premier
récit de cette reprise est actuellement publié dans le
journal de Spirou. « Je m’en vais à Grenade pour
travailler avec José Luis. Au départ, nous devions juste
corriger quelques dialogues, mais finalement, nous allons refaire certains
passages. Il y aura donc des différences notables entre la version
en album et celle pré-publiée dans Spirou. »
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