Bourgeon
et Casterman : la fin du conflit ?
Le litige entre François Bourgeon et les éditions
Casterman touche à sa fin. Après une procédure
qui a débuté en juillet 1999, un nouveau jugement rendu
par la Cour d’Appel de Paris ce 24 avril 2004 a résilié,
aux torts réciproques des parties, le contrat signé le
24 avril 1998, qui liait Casterman et les auteurs du cycle de Cyann,
François Bourgeon et Claude Lacroix, sur la réalisation
de « Aïeïe d’Aldaal », troisième
volume de la série. La Cour a motivé la rupture de ce
contrat par la perte réciproque et définitive de confiance
entre les parties. En conséquence de quoi, les auteurs ont retrouvé la
liberté de traiter avec un éditeur de leur choix pour
publier ce nouveau volet du Cycle de Cyann.
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L’origine du litige est un manque de transparence des Editions
Casterman quant à l’édition des albums de François
Bourgeon. Il semble, en effet, que l’éditeur n’ait
pas voulu répondre favorablement à la demande de l’auteur
qui souhaitait obtenir les justificatifs liés à la production
de ses albums. Et ce afin de vérifier l’exactitude des
relevés de droits d’auteur fournis. La situation s’est
encore compliquée lors du démantèlement de Casterman
en septembre 1999. La structure éditoriale passant sous le giron
de la société Flammarion, elle-même rachetée
par le groupe Rizzoli. Tandis que la partie impression devenait une
entité indépendante (Imprimerie Casterman, aujourd’hui
en faillite). La reprise de l’entreprise familiale Casterman
par un grand groupe d’édition n’a fait qu’empirer
la méfiance que Bourgeon et Lacroix avaient vis-à-vis
de leur éditeur. Ils avaient donc décidé de ne
pas produire le troisième volume du Cycle de Cyann. Ce à quoi
Casterman avait répliqué par une procédure judiciaire
tentant de forcer les créateurs à travailler sur cet
album malgré tout. Un tribunal avait ainsi ordonné aux
auteurs de fournir leur nouvelle œuvre (Aïeïe d’Aldaal)
sous peine d’une astreinte de 1000 € par jour de retard.
Bien qu’il y eut une tentative de faire appliquer cette décision,
elle ne le fut heureusement pas.
Si la Cour d’Appel de Paris a cassé le contrat et anéanti
toutes condamnations et astreintes, elle a pourtant confirmé la
décision du premier juge en se déclarant incompétente
sur la demande de documents, considérant que la demande de résolution était
de la compétence des Tribunaux belges. La décision sur
le fond du dossier reviendra donc à la justice belge. Avec le
retard que celle-ci accuse, on ne devrait pas attendre de jugement
avant plusieurs années… Mais au moins, nous avons maintenant
une chance de revoir bientôt la suite de l’excellent
Cycle de Cyann.
Notons toutefois que les éditions Casterman restent l’éditeur
des albums de Bourgeon déjà parus.
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Photo de François Bourgeon © Casterman
- L. Franciosa
Illustration © Bourgeon, Lacroix, Casterman
Suite à la publication de cet article, à titre de droit de réponse,
les éditions Casterman nous demandent de bien vouloir diffuser leur
communiqué
officiel
sur
ce
sujet. Nous vous le proposons ici
en format pdf. |