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Maingoval flingue à tout-va #1

« Mais que vais-je donc faire à Angoulême ? »
Maingoval tire les ficelles...
Maingoval flingue vraiment à tout-va !... photo DR

Ça y est, il est sept heures du matin, et comme chaque année le dernier jeudi de janvier, je suis dans le train pour Angoulême. Mais qu'est-ce que je peux donc bien vouloir y faire ?

Déjà, le lever à l'aurore m’est pénible. En général, je ne me lève aussi tôt que pour deux raisons : soit aller assister à un enterrement à l'autre bout du pays, ou aller faire un examen à jeun à l'hôpital. Ce matin, c'est moi qui ai une tête d'enterrement, je suis à jeun, et je regrette déjà de m'être laissé entraîner une fois de plus dans cette histoire.

Je vais retrouver à Angoulême des amis auteurs que je fréquente déjà très régulièrement ici en Belgique et qu’il me suffit d’appeler pour passer leur rendre visite, d'autres que je n'ai absolument pas l’intention de voir, même en Belgique, sans compter tous ceux que je ne connais pas ! On va encore voir Xavier Löwenthal jouer au pique-assiette chez tous les éditeurs où il n'est pas édité (même si c'est parfois rigolo de le voir se faire éjecter sans ménagement par les gardes-chiourmes de Casterman). On va aller boire de la Chartreuse verte chez Glénat (ceci dit, j'adore la Chartreuse verte, la vraie, pas la jaune qu’on sert aux journalistes).

On va croiser Nicolas Anspach dans tous les stands des éditeurs, en se demandant à la dix-septième fois de la journée s'il a le don d'ubiquité ou s’il a plusieurs frères jumeaux. On va rencontrer François Schuiten au petit-déjeuner nous expliquer qui sera le Grand Prix cette année, puis nous expliquer au dîner pourquoi c’est finalement un autre, et que c’est lui qui a eu en définitive l’idée et la voix prépondérante.

On va aller se faire démolir les tympans au stand Soleil, ou pire, risquer de se faire casser la gueule par un garde du corps, juste parce qu'on dépasse la file des chasseurs de dédicace pour aller serrer la main d'un vieux copain.

Le samedi soir au bar de l’hôtel Mercure, Midam va m’offrir un verre, mais va ensuite râler parce que c'est toujours lui qui paye même si en ce qui me concerne c'est le premier verre que je bois à ses frais ! (qu’il sache qu’en général, c’est toujours moi qui offre, les dessinateurs considérant que c’est au scénariste de payer, comme il gagne – soi-disant – le plus !)

Avec un peu de chance, il va geler ou neiger et on va rigoler lorsqu'on devra évacuer un chapiteau qui menace de s'écrouler sous la neige ou, mieux encore, voir un de ses dessinateurs se casser les côtes en tombant sur la glace (je me demande quand même si en ce qui concerne Christophe Simon ce n’était pas la glace du whisky qui l’a fait chuter la fois passée).

On va aller voir les expositions où il a tellement de monde qu'on ne voit rien pour alors se rabattre sur les expositions où il n'y a personne, et on comprend vite pourquoi !

On va se les geler dehors, étouffer dedans (les chapiteaux), transpirer, et donc très vite puer. On va devoir uriner n’importe où parce qu’il n’y a rien de prévu… On va retrouver des gens qu’on ne connaît pas portant des badges d’auteur que l’on connaît…

Voilà, c’est ça Angoulême. Même Érik Arnoux n’y va plus (enfin, il dit que c’est parce qu’il ne veut plus y aller, mais moi je crois que c’est parce qu’il n’est plus invité).

Et en plus, à Angoulême, je vais me faire allumer par tous ceux que j’ai cités ici.

Non, vraiment, je ne sais pas ce que je vais faire à Angoulême !

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Maingoval

Les propos et les humeurs de Maingoval n'engagent bien évidemment que lui. La rédaction d'Auracan.com ne saurait être tenue responsable des avis formulés en cette rubrique.

Brieg F. Haslé, éditeur délégué d'Auracan.com
26/01/2012 - source : auracan.com