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Opus de Satoshi Kon, le manga 2013

Depuis 2007, l’ACBD (l'Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) décerne son Prix Asie de la Critique ACBD 2013, à l'image de son Grand Prix de la Critique.

Le septième Prix est attribué à Opus de Satoshi Kon publié aux éditions IMHO. L'annonce a été faite par communiqué et non pas à Japan Expo comme les années précédentes. Le grand rendez-vous du 9e art aux portes de Paris avait en effet choisi de ne pas décerner de prix cette année. Le Prix Asie de la Critique ACBD 2013 a d'autant plus de valeur.

Un comité de sélection avait sélectionné cinq finalistes parmi les bandes dessinées asiatiques parues en français entre juillet 2012 et juin 2013. Un tiers des effectifs de l'ACBD, soit 24 votants, ont prix part au vote final pour départager les champions. Avec une bonne avance, le tome 1 d'Opus l'emporte avec 10 voix sur les quatre autres bénéficiant de 3 à 5 soutiens. Le choix fut difficile compte tenu de la qualité des cinq titres japonais.

D'un côté, un immense classique Le Cœur de Thomas de Moto Hagio (Kazé), paru initialement en 1970 et référence absolue du genre shōnen-ai ou Boy’s Love, une histoire romantique d'amours entre de jeunes hommes. D'un autre, une série futuriste ambitieuse, les chevaliers de Sidonie (Knights of Sidonia vol. 1 à 3) de Tsutomu Nihei (Glénat), où l'intrigue complexe et l'approfondissement des personnages se déroulent dans un monde futuriste étonnant. D'un autre encore, une série humoristique déjantée et trash, à savoir Le Vagabond de Tokyo (vol. 3, Tokyo Lullaby) de Takashi Fukutani (Le Lézard Noir). Enfin encore chez Imho, les premières planches de Usamaru Furuya qui signe une série de gags aussi déroutants qu'exceptionnels sous le titre Palepoli.

Finalement Opus l'emporte donc, et au travers lui, son auteur, Satoshi Kon, réputé dans l'animation (Perfect Blue, Millenium Actress, Tokyo Godfathers, Paprika…). On pense naturellement à la série Abymes de Valérie Mangin (Dupuis). L'histoire est en effet une mise en abyme d'un mangaka plongé dans son propre univers. Le diptyque est sorti au Japon entre 1995 et 1996. Les planches sont somptueuses, allant d'un univers à l'autre avec une rare aisance et dans un suspense intenable. Simplement majestueux qui interroge sur la nature du métier et l'angoisse de la feuille blanche, et surtout la difficulté de conclure.

Après la liste classique, ces cinq mangas méritent sans hésitation d'entrer dans votre valise de vos prochaines vacances...

Bel été, belles BD, beaux mangas !

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Manuel F. Picaud
10/07/2013 - source : auracan.com