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Disparition de Sergio Toppi

Nous apprenons par les éditions Mosquito la disparition cette après-midi de Sergio Toppi des suites d'un cancer foudroyant. L'auteur italien aurait fêté ses 80 ans le 11 octobre prochain. est un auteur  à part. Une grande tristesse s'abat sur la BD européenne.

Sergio Toppi à la Galerie Daniel Maghen
à Paris en 2007 © Manuel F. Picaud / Auracan.com
Né à Milan en 1932, Sergio Toppi aurait pu devenir médecin. Il se lance pourtant dans le dessin qu’il publie dans différents journaux à partir de 1956. Il entame une collaboration en 1975 à la revue Sgt Kirk et en 1983 à la revue Corto Maltese. En 1979, il publie Sharaz-De dans la revue Alter-Alter. En 1994, il débute la série Magda et Moroni scénarisée par D'Antonio. Il travaille sur les séries Nick Raider et Julia pour les éditions Bonelli. Il sera l’invité d'honneur du festival Quai des Bulles de St Malo en 2004 et son œuvre sera souvent exposée à Paris, à Angoulême ou à Grenoble. Primé notamment à Naples pour le T.2 de Sharaz-De ou à Solliès-Ville, il figure parmi les talents les plus prodigieux de son époque.

Depuis 1997, les éditions Mosquito réalisaient un double travail patrimonial et éditorial, en publiant des anciennes comme de nouvelles œuvres de l'auteur insatiable au coup de crayon atypique mais d'une beauté inestimable. Trois articles parus sur Auracan.com : 1, 2 et 3 reviennent sur quelques moments inoubliables. Le dessin de Sergio Toppi est d’une incroyable finesse, avec une mention spéciale pour le travail d’ombre aux traits hachurés originaux, apparence simple mais d’une remarquable construction. Difficile de ne pas être touché par cet artiste qui vaut le détour.
  Sergio Toppi avec son épouse Aldina, Daniel Maghen
et Michel Jans à la Galerie Daniel Maghen à Paris en 2007
© Manuel F. Picaud / Auracan.com


Pour Michel Jans, le fondateur des éditions Mosquito, et ami de l'artiste, l'annonce du décès est une terrible nouvelle. Il avait vu son ami se battre contre le cancer et s'en remettre. Mais en juin 2012 est survenue une rechute d'un nouveau cancer, foudroyant celui-là. "Il a continué à dessiner jusqu'au bout", confie-t-il avec émotion. "Même à la fin de sa vie, il était encore en recherche. Le dessin était une forme de thérapie." Pris par cette frénésie créatrice, Sergio Toppi a ainsi accumulé de très nombreuses œuvres qui n'attendent que leur publication. "Il n'aura même pas eu le temps de voir son dernier album", regrette son éditeur. Ce dernier espère bien pouvoir continuer à faire découvrir un auteur qui a beaucoup apporté au neuvième art.

La rédaction d'Auracan.com adresse ses profondes condoléances à sa famille et tous ses proches. L'homme disparaît, mais son œuvre de papier restera gravée à tout jamais... 

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Manuel F. Picaud
propos recueillis par Manuel F. Picaud le 21 août 2012
Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation préalable © Manuel F. Picaud / Auracan.com
21/08/2012 - source : auracan.com