Entretien avec Alexis Laumaillé
Avec le premier tome de la Main du Singe, Alexis Laumaillé inaugure une nouvelle trilogie proposée en collection Grand Angle par les éditions Bamboo. Rencontre avec un jeune auteur complet qui signe ici sa deuxième série et nous évoque de mystérieux tatouages indiens…
Ce procédé narratif est celui qui m’est apparu le plus naturel et le plus simple pour raconter l’histoire. Je vais essayer de vous l’expliquer clairement : prenons l’histoire d’une enquête, la plus basique possible, du genre celle d’un détective lambda qui remonte un fil d’événements. Le personnage principal va commencer par trouver un « z » qui va l’amener à découvrir un « y » puis un « x »… Ainsi de suite jusqu’à trouver le « a » qui est l’origine et donne la révélation de toute l’histoire. De ce fait, dans ce type de narration, les personnages sont impliqués parfois de manière un peu artificielle, contraints à la réussite pour faire avancer le propos, etc… Je me suis donc décidé à séparer cette partie « enquête » pour en faire un récit propre. De cette manière, je libérais les personnages de leur obligation à faire avancer l’histoire. En contrepartie, cette « libération narrative » pouvait me donner l’occasion d’approfondir l’aspect psychologique et humain des personnages. Évidemment, ceci est très théorique et l’histoire conserve toujours sa propre loi : ce qui devrait marcher peut passer complètement à côté, et réciproquement ! Par ailleurs, j’ai l’impression que c’est aussi la même chose en dessin : une image qui ne respecte aucune règle peut être magnifique, tandis qu’un dessin très anatomique, le plus techniquement parfait, peut être complètement insipide. En tout cas, ce procédé narratif n'est qu'une manière de faire : le moteur de mon histoire est hors de cet aspect formel. Du moins, je l’espère. Je peux aussi vous préciser que dans les tomes suivants, bien qu’on retrouve une partie des protagonistes, les narrateurs changeront…
Très franchement non, je n’y connais rien ! J’utilise ces tatouages parce que c’est une composante réelle de la culture des tribus indiennes d’Amérique. Ils ne sont pour moi qu’un simple véhicule de l’histoire. Pas plus, vraiment. La seconde trame de votre récit s’oriente sur une piste plus ethnique : Hawkins portait notamment des tatouages de la tribu Choctaw, des Indiens du sud-est des États-Unis… Ces Indiens seront amenés à prendre une place prépondérante par la suite. Ainsi, dans le deuxième tome, ils seront les narrateurs, que ce soit pour l'histoire chronologique ou celle qui remonte le temps. J’ai choisi cette tribu Choctaw pour plusieurs raisons. Les Indiens Choctaw sont moins présents dans notre imaginaire collectif – c’est en tout cas l’impression que j’en ai –, ce qui me permet une certaine souplesse pour aborder leur histoire. Mais ce peuple appartient quand même aux grandes tribus indiennes d’Amérique, ce qui fait qu’en plus de leur culture riche, on possède sur eux une histoire bien documentée. Très sincèrement, plus je travaillais sur mon scénario, tout ce qui concerne ces Indiens Choctaw m’a totalement passionné. Sinon, pour vous répondre, le terme de « seconde trame » n’existe que provisoirement : les deux histoires parallèles sont les deux faces d’une même médaille. À un certain moment, grâce à l'emboîtement des deux récits, le lecteur devrait comprendre cela dans les prochains tomes…
Initialement, la série était effectivement prévue en trois tomes. Mais lorsque je suis arrivé, à peu près, au tiers de la réalisation du tome 2, mon éditeur m’avait demandé – à la vue des chiffres de ventes – si je pouvais finir l’histoire à la fin de ce deuxième tome. On a rajouté huit pages et j’ai terminé ainsi l’histoire comme j’ai pu... Cependant, je n’ai pas insisté pour réaliser absolument ce troisième tome : j’assume donc pleinement l’histoire telle qu’elle se présente en deux tomes. Propos recueillis par Brieg F. Haslé en mai 2008 Remerciements à Sophie Cardoso |
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