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Bédu - photo (c) Le Lombard

Alors que le neuvième album des Psy vient de paraître, nous en avons profité pour coucher Bernard Dumont, alias Bédu, sur le divan.

Cet auteur discret nous a raconté son parcours dans le monde de la BD : ses débuts au Journal Tintin, ses premiers albums, sa reprise de Clifton et bien sûr sa collaboration avec Raoul Cauvin.

Depuis quelques années, vous collaborez avec Raoul Cauvin, surnommé aussi "Le" scénariste Dupuis, sur la série les Psy. Vous étiez pourtant un fidèle auteur des éditions du Lombard.
J'ai débuté ma carrière au Lombard en 1974. J'ai stoppé ma collaboration avec eux en 1995. Vingt ans chez le même éditeur, c'est pas si mal, non ?
En réalité, l'ambiance au Lombard a énormément changé depuis que l'édition de journaux BD, comme le journal Tintin et son successeur Hello BD, a été abandonnée. Il n'y a plus de rédaction. Pour moi, le Lombard devenait un peu comme un éditeur fantôme. Il y a des jours où l'on ne trouvait personne dans les couloirs. (Rires).

Ne s'agissait-il pas à l'époque d'une ambiance de transition. Yves Sente, le nouveau directeur éditorial, arrivait...
Non, je crois plutôt que c'est le côté familial d'une rédaction de magazine qui me manquait. La majorité des contacts que j'avais avec Le Lombard passait par la rédaction du journal et pas par le secteur édition. Il est vrai qu'à l'époque, ce secteur était en perpétuel changement. On rencontrait une personne un jour et six mois plus tard, elle avait été remplacée. Le dessinateur de BD mène une vie solitaire. Il a besoin d'un minimum de points de repère chez son éditeur.

Avez-vous retrouvé cette ambiance perdue en rejoignant l'équipe du journal Spirou ?
Oui, absolument ! C'est très vivant. Dupuis étant un éditeur plutôt spécialisé dans les productions "humoristiques", en tant qu'auteur humoristique, je me sens plus à ma place qu'au Lombard qui est plus orienté vers le style réaliste.

Comment en êtes-vous arrivé à travailler avec Raoul Cauvin ? Vous l'aviez déjà rencontré auparavant ?
J'ai débuté ma carrière de dessinateur en tant qu'assistant de Berk. J'avais donc, par cette voie et sans jamais avoir rencontré Raoul Cauvin, une idée assez précise de sa manière de travailler. Mais je n'avais jamais imaginé qu'il puisse un jour devenir mon scénariste. Surtout avec le nombre de séries qu'il anime !
Quand je suis arrivé chez Dupuis, Philippe Vandooren, le directeur éditorial de Dupuis, m'a conseillé de créer une série de gags humoristiques. Le problème, c'est que je ne me sentais pas capable d'écrire des running gags sur 44 planches. Je ne maîtrise pas le système du gag en une page. Je lui ai donc exposé mes craintes et il s'est proposé d'en parler à Raoul.

Raoul Cauvin vous a-t-il d'emblée proposé de travailler ensemble sur les Psy ?
Nous avons d'abord discuté quelques heures, histoire de faire connaissance. Puis, il m'a confié son souhait de créer une série ciblant plus particulièrement les adolescents, comme Pierre Tombal ou les Femmes en Blanc. J'ai d'abord fait quelques croquis sur le thème des avocats. Mais il a abandonné l'idée, il n'arrivait pas à maîtriser ce sujet. Il l'a reprise plus tard avec Piroton qui en a dessiné quelques planches. Il m'a finalement soumis l'idée des psy. A partir de là, cela a été très vite. J'ai trouvé une physionomie du personnage principal et Raoul s'est mis en action. Il a vite repéré mes possibilités graphiques et a su ce qu'il pouvait en tirer pour le développement de la série.

Au début, vous avez cumulé les Psy chez Dupuis et Clifton au Lombard.
Oui. Ce n'était pas simple car évidemment, lorsque je travaillais sur une série, c'était au détriment de l'autre. Et comme les deux éditeurs voulaient que je travaille d'abord sur leur série... (Rires).

Vous avez été pressenti un instant pour la reprise de Sammy...
Oui. Comme j'avais dessiné du Sammy en tant qu'assistant de Berck, c'est une idée qu'on m'a proposée. J'ai décliné l'offre. Je sortais de la reprise de Clifton et je n'avais pas envie de travailler à nouveau sur une autre reprise. De son côté, Raoul n'était pas très chaud. Il préférait que je mette toute mon énergie sur les Psy pendant quelques albums. Sammy, au même titre que Clifton, est une histoire qui nécessite du temps. Il y a des ambiances à rendre, des voitures, des scènes urbaines à dessiner. Tout cela prend du temps. Je risquais donc d'être en retard dans les deux séries !

Quand vous considérez toutes les séries que Raoul Cauvin mène de front, n'avez-vous pas peur que la qualité s'en ressente dans ce qu'il vous fournit ou que vous tombiez en panne de scénario ?
Non. Raoul est extrêmement bien organisé. Malgré sa production énorme, il trouve toujours de quoi alimenter son imagination. Je ne suis jamais tombé à court de scénario. Aucun de ses autres dessinateurs non plus, à ma connaissance. Dès qu'il me reste deux planches à dessiner, j'en informe Raoul et un ou deux jours plus tard, je reçois la suite sur mon fax.

 
 
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