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Le P'tit Prof par Bédu et Blareau
Extrait de "La Voie Lactée"
Super Tintin N°24 © Lombard, 1984

Lorsque vous travailliez au journal Tintin, vous animiez le P'tit Prof. Le dessin était plus enlevé, plus rapide que ce que vous avez produit par la suite…
Oui, c'était dû aux contraintes de temps liées à ce travail. Lorsqu'on me demandait de réaliser les planches, j'étais déjà en retard. (Rires). A l'époque, j'avais l'angoisse du temps qui passait et j'allais vite. Maintenant, j'ai l'angoisse de tenir le même niveau graphique. Je vais donc moins vite car je retravaille mes dessins. Je ne veux pas décevoir les lecteurs. C'est stimulant. J'essaie de toujours évoluer.

C'est important pour vous d'avoir un écho du public ?
Oui. Surtout pour des séries où on vise l'humour et la détente. On ne peut pas savoir si les gens rient en lisant les albums. C'est amusant de les voir sourire lorsqu'ils lisent dans les files de dédicace.

Si les gens rient, c'est principalement dû au scénario, non ?
Pas uniquement. La manière de dessiner le scénario est très importante. J'estime ma part de responsabilité dans la réussite d'un gag à 50%. Si cela ne fonctionne pas, cela sera autant de ma faute que celle du scénariste. Quand je reçois un gag, il ne me fait pas toujours rire aux éclats. Je me suis aperçu que les lecteurs ont des sensibilités différentes. Ils ne réagissent pas tous de la même manière. Certains vont aimer tel gag, d'autres tel autre.
Malgré tout, un mauvais scénario va avoir tendance à induire un mauvais dessin, car, n'étant pas lui-même convaincu, le dessinateur va s'ennuyer sur le gag. De même, si l'histoire est bonne, cela va stimuler le dessinateur et il va donner le meilleur de lui-même.
La manière dont le dessinateur va amener le gag, la manière dont il va le mettre en scène, va avoir un impact sur la perception qu'en aura le lecteur. C'est un peu comme au cinéma. On peut avoir un très bon scénario à la base, si le metteur en scène ou les acteurs sont mauvais, le résultat ne sera pas aussi probant. En bande dessinée, c'est le dessinateur qui met en scène et anime les personnages.

Vous n'êtes pas, de temps à autre, lassé de dessiner toujours le même psy ?
C'est rare. Et puis de temps en temps, il y a des histoires qui mettent en scène son collègue. Certains gags se prêtent bien au caractère de l'un ou de l'autre. Généralement, Raoul me laisse le libre choix du psy.
Les lecteurs ont rapidement accroché au psy "principal". Tant et si bien que lorsqu'on a introduit son collègue, ils nous ont reproché de l'avoir changé. Je leur ai répondu que la série s'appelait LES Psy et pas LE Psy. Pour la parution en album, Raoul a écrit une petite histoire pour amener le second psy dans la série.
A côté des personnages principaux, j'éprouve beaucoup de plaisir à créer les personnages secondaires. C'est fort amusant de chercher des têtes pour les nouveaux patients. De plus, comme les gags font de une à cinq pages, si je ne suis pas entièrement satisfait d'un personnage, je ne suis pas obligé de le dessiner pendant 44 planches.

Vous couchez parfois des personnages connus sur le divan. Il y a notamment un certain Bernard Dumont qui a les traits de Raoul Cauvin…
Cela arrive de temps en temps, quand cela me paraît évident. Pour le gag auquel vous faites référence, c'est une basse vengeance. (Rires). Raoul avait utilisé mon nom sans me demander mon accord. Comme je ne change rien au scénario, je me suis rattrapé au niveau du dessin en lui donnant les traits de Raoul…

Propos recueillis par Nicolas Anspach et Marc Carlot
Tous droits réservés © Auracan, 2001
Illustrations (sauf indications contraires) extraites de "Les Psy - T9: On se calme" © Bédu, Cauvin, Dupuis, 2001
 
 
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