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Dans un Japon médiéval imaginé, des chats, des souris, des pandas, des rats et d'autres bestioles vivent des aventures fantastiques. Esprits malins et autres démons contrecarrent sans cesse la vie quotidienne. Miaoumoto O'Maley, samouraï de son état, est un gros chat violet qui a de quoi faire pour rétablir l'harmonie.

Rencontre avec Le Grümph, le dessinateur, et Darwin, le coloriste de Chamouraï, une série atypique et originale, publiée chez Pointe Noire, qui s'adresse aux jeunes comme aux grands…

Comment présenter votre série Chamouraï ?
Le Grümph : Il s'agit d'une bande dessinée animalière, qui se déroule dans un Japon mythique, inspirée à la fois des légendes japonaises, mais également de diverses époques historiques. Nous ne sommes pas du tout respectueux d'une certaine véracité historique. Mais nos histoires et les décors sont le résultat d'une recherche documentaire sur ces contextes, ces folklores.

Vous avez opté pour un concept particulier ?
Darwin : Le concept, c'est le jeu de mot, Chamouraï !
LG : Notre héros est un chat samouraï, un chamouraï. Les samouraïs sont des chats, quand ils sont déchus de leur position, ils deviennent des raninns, ils se métamorphosent en rats. Les gens du peuple sont des souris, les moines sont des tortues, les Chinois sont des pandas.

Chaque tome vous offre la possibilité de réécrire des contes connus de tous…
D : Dans le premier, Tarek, notre scénariste, a repris le conte de la caverne d'Ali Baba. Dans le second, c'est une reprise de l'histoire de la lampe d'Aladin.
LG : L'idée de base était en effet de reprendre des contes comme thème. Pour le premier, nous voulions délibérément revisiter l'histoire d'Ali Baba et les 40 voleurs en l'adaptant dans ce contexte japonais médiéval. A l'origine, nous pensions présenter à chaque tome, un personnage différent, un pays différent, un conte différent. Mais nous nous sommes attachés aux personnages du premier tome. Un fil rouge est apparu en la personne d'un ignoble individu que notre héros combat.
D : L'immonde Esprit Vert ! L'idée a évolué, mais nous n'avons pas tenu à changer radicalement de concept en cours de route. Le second tome se fait transition.

Pour donner envie de lire le tome deux, que diriez-vous ?
LG : N'ayant pas fait d'études de communication, je ne suis pas doué pour cela (rires). J'ai envie de dire : l'essayer, c'est l'adopter ! Dans le tome deux, Chamouraï est confronté à son passé, à sa jeunesse, aux raisons qui l'ont poussé à partir sur les routes. Il était un samouraï mais a été chassé par son maître. Il aurait dû devenir un raninn, un méchant. Grâce à un petit esprit, il est resté un samouraï mais à la condition de ne plus servir un maître, mais de servir ceux qui en ont besoin. A la suite d'un rêve, il retourne sur les lieux de son enfance pour tenter de résoudre le problème qui avait amené à son bannissement…
D : Si nos histoires ont un message à faire passer, c'est celui-ci : dans tout problème, il y a toujours une solution. Nos histoires sont des quêtes de l'espoir. Rien n'est jamais désespéré.

Abordons maintenant votre travail de dessinateur et de coloriste. En ouvrant vos albums, on se rend compte que vous formez un binôme indissociable tant les dessins et les couleurs sont liés…
D :
Cet aspect d'unité vient du fait que cela fait près de cinq années que nous travaillons ensemble. Avant d'être publiés, on s'entraînait ensemble.
LG : Darwin voulant être coloriste et moi étant très mauvais en couleur, je lui passais mes dessins et il s'entraînait dessus. Peu à peu, nous avons trouvé notre style, qui n'est ni le mien ni le sien, mais le nôtre.
D : Je ne suis coloriste qu'avec lui. Je ne pourrai pas mettre en couleurs les dessins d'un autre. Personnellement, j'ai aussi des projets en tant que dessinateur.

Comment réalisez-vous vos planches ?
LG : Je travaille sur des planches un tout petit peu plus grandes que le format A3. Je réalise des planches très propres, avec beaucoup d'espaces, uniquement au crayon.
D : Et moi, je les salis (rires) !
LG : Je ne dessine pas les ombres, ne fais aucun remplissage au crayon gris. Je ne mets pas de valeurs de contraste, c'est à Darwin de les créer.
D : Ses dessins sont très épurés, très ligne claire. Il me laisse une liberté totale. Par exemple, pour un arbre, il dessine les deux traits du contour du tronc, et je me charge de créer la matière le constituant.
LG : Pour les personnages, je dessine les motifs, quelques plis et Darwin se charge de les remplir, d'y mettre de la matière. Un dessin de moi sans ses couleurs n'a pas grand chose à voir avec nos travaux communs.

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