| A l’occasion de la parution des Démons
de Marie, nous vous proposons une petite
rencontre avec Michaël Le Galli,
le scénariste de
ce nouveau diptyque réalisé en couleurs
directes…
Michaël, comment présenterais-tu ta nouvelle
série, Les Démons
de Marie ?
A la fin du dix-neuvième siècle un jeune
et brillant aliéniste présente à ses
pairs de l’Académie un projet novateur,
une expérience « grandeur nature ».
Il s’agit d’installer sur une île
déserte une vingtaine de fous dans l’objectif
de revenir vingt ans plus tard dresser un bilan… Placés
sous la responsabilité d’un ancien officier
de police, Clément Landelle, et d’un père
jésuite, le Père Anselme, les aliénés
vivent au rythme de l’autarcie insulaire. Intitulé « L’Expérience
du professeur Mesmer », le premier tome de cette
histoire débute alors que le fameux aliéniste
accoste sur l’île sous les yeux ébahis
de Marie, la narratrice, née sur l’île
dans des circonstances dramatiques. L’arrivée
du professeur va bouleverser le fragile équilibre
instauré sur l’île par le Père
Anselme depuis la mystérieuse disparition de
Clément, l’ancien officier de police.
Comment est née cette idée
?
Cette histoire est d’abord née de réminiscences
: à l’origine j’avais en tête
des « images » obsédantes, des souvenirs
confus mais marquants du feuilleton L’île
aux trente cercueils (avec Claude Jade, réalisé par
Marcel Cravenne d’après le livre de Maurice
Leblanc) d’une part et de L’île du
docteur Moreau d’H.G. Wells d’autre part… Rapidement
l’idée d’installer des fous sur
une île pour faire une expérience a fait
son chemin : la notion de folie me fascine et la lecture
de L’Histoire de la folie à l’âge
classique de Foucault m’avait conforté dans
l’idée que les malades mentaux ont longtemps
subi bons nombres de maltraitances et autres sévices
pour toute thérapie… Restait à trouver
Le point de vue et quel meilleur point de vue que celui
de l’enfant ? Voilà, les éléments étaient
en place, l’histoire pouvait commencer…
Avec qui réalises-tu cet album
?
Cet album est dessiné et superbement mis en
couleurs (directes s’il vous plait !) par Marie
Jaffredo.
Qui est-ce ?
A l'origine, Marie Jaffredo est architecte-urbaniste.
Après un passage par le fanzinat (Bol
d’encre),
ses premières planches paraissent aux éditions
Petit à Petit dans le cadre du collectif Piaf.
C’est à ce moment-là que tout
commence pour nous puisque j’adapte pour Marie « Mon
Légionnaire ». Très vite, l’envie
de poursuivre notre collaboration sur une œuvre
plus personnelle et ambitieuse s’est imposée.
Nous nous rencontrons pour la première fois
au festival Quai des Bulles de Saint-malo et mon
histoire de fous rencontre son univers personnel
: le projet se met naturellement en place.
Combien d'albums de prévus ?
Deux tomes…
Pourquoi éditer Les
Démons
de Marie chez Carabas ?
Nous étions en discussion avec plusieurs éditeurs
mais l’enthousiasme de Jérôme Martineau
des éditions Carabas a été crucial,
c’est ce qui a fait pencher la balance… C’est
important de sentir qu’un éditeur croit
en ce que vous faites…
Que nous promets-tu avec Les
Démons
de Marie ?
Rien. Je ne promets rien ! J’espère simplement
que tous ceux qui liront Les Démons de Marie connaîtront quelques belles émotions à la
lecture de ces deux albums.
A ton avis, quelle est la principale originalité de
ce premier tome ?
Je ne crois pas qu’on puisse parler d’originalité… mais
le fait de suivre le fil de l’histoire à travers
le regard enfantin de Marie amène une vision
originale de cette « île de fous »…
Et pour ce qui est du reste de ton actualité…
Le tome 2 des Cercles d’Akamoth (Delcourt) doit
sortir en août prochain, pour le reste rien de
signé mais des projets qui se mettent en place
et d’autres qui s’arrêtent faute
d‘éditeur ou de collaborateur…
|