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Depuis l'arrêt de la série 421,
en 1992, vous menez une carrière disparate, sans
véritable fil conducteur
L'interruption de cette série résulte
d'une volonté. Je ne m'y sentais plus à
l'aise. De plus, Desberg et moi commencions à
sérieusement nous fatiguer face à la mauvaise
volonté de l'éditeur à poursuivre
la publication. Au vu des chiffres de vente, le commercial
était prêt à continuer, mais ça
coinçait du côté de l'éditorial.
Donc nous avons arrêté. Je me suis alors
demandé quels étaient les domaines qui
m'intéressaient. J'ai toujours apprécié
dessiner des filles dévêtues. J'y ai pris
goût en réalisant mon apprentissage à
l'Académie de Boitsfort. Nous devions reproduire
sur papier les courbes de modèles vivants. L'arrêt
de 421 fut donc l'occasion rêvée pour me
lancer dans cette voie. Robinsonne et les 1001 Nuits
de Shérérazade sont l'aboutissement de
mes envies. Parallèlement à cela, j'ai
dessiné un bon nombre de planches humoristiques
pour le journal de Spirou
Pourquoi avoir opté pour des changements
aussi différents ? 421 alliait le classicisme
à l'aventure
La routine ! Il n'y a rien de pire pour un dessinateur
que d'explorer le même sillon, sans jamais se
remettre en question. Bien entendu, le public apprécie
une certaine stabilité de l'auteur. La meilleure
preuve, les premiers tomes d'une série se vendent
mieux que les one-shot ! Mais le dessinateur se doit
également d'avoir une démarche d'auteur,
c'est à dire se renouveler pour mieux surprendre
son lecteur
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Le site internet qui vous est consacré
présente des planches de Morgane Angel
Il me restait encore quelques voies inexplorées
à développer dans l'univers de l'espionnage
et de l'aventure. J'espérais réaliser
au travers de Morgane Angel mes envies de courbes
sensuelles et déliées ainsi que mon penchant
pour l'humour noir. Je comptais scénariser ces
aventures moi-même, mais je ne dois pas m'être
montré assez convaincant pour que le projet aboutisse.
En un sens c'est mieux ainsi, car j'avais démarré
Morgane un peu à la légère.
Par la suite, j'ai fait d'autres tentatives auprès
des éditeurs et c'est au fur et à mesure
des refus (polis) essuyés que j'ai peu à
peu appris à construire mes histoires. Le métier
de scénariste n'est pas aussi facile qu'il puisse
paraître, même pour un dessinateur comme
moi, avec vingt ans d'expérience dans la partie.
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Vous réalisez vos propres scénarii
pour ces différents one-shots coquins
La raison en est simple: je voulais m'offrir plus de
liberté graphique. Je peux amener l'histoire
vers un but bien précis, rien que pour retranscrire,
sur le papier, une envie. Le scénariste, même
si je lui en fais la demande, ne modifiera pas toujours
le récit pour me faire plaisir
Et puis,
je dois bien vous avouer que j'ai demandé à
différents amis scénaristes de m'écrire
une histoire érotique. C'est assez amusant car
même les plus coquins d'entre eux ont peur de
traiter ce type de sujet. Ils nourrissent sans doute
certaines craintes que le lecteur fasse un amalgame
entre le contenu du livre et les fantasmes de l'auteur.
Le scénariste n'est pas totalement maître
de l'histoire. Il me serait facile de faire basculer
une scène érotique en pornographique,
si je le désirais
D'où vous est venue l'idée de traiter
le conte des Mille et une nuits sous une forme érotique
?
Je suis attiré par le côté baroque
de l'Orient. Je me suis même rendu quelques fois
au Maroc
J'avais entendu dire que Les Mille et
une nuits contenaient des chapitres érotiques,
traitant également des relations entre les hommes
et les femmes. C'est assez étonnant, car on associe
ces récits comme étant des histoires pour
enfants
Ma bande dessinée est à
peine une interprétation du conte. Je suis resté
fidèle à l'histoire originelle, même
si j'y ai rajouté de l'humour
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Quelles techniques graphiques avez-vous utilisés
pour cet album ?
J'encre les avant-plans à la plume. Les décors
sont simplement crayonnés. Ensuite, je colorie
directement mes planches avec de l'aquarelle
Cette
technique est moins astreignante par rapport aux bleus,
où il faut parfois attendre un mois avant de
voir revenir les calques de chez l'éditeur. Avec
les bleus, on perd donc la fraîcheur, la créativité
et l'impulsion du moment.
Les 1001 Nuits de Schéhérazade est
dédié à votre père
Mon père avait lu Robinsonne, mon précédent
one-shot, chez Albin Michel. Il y avait adoré
mon style graphique et m'a incité à continuer
dans cette voie. Je me réjouissais de lui montrer
ce nouvel album. Mais il est malheureusement décédé
avant que je puisse lui dévoiler les premières
planches de Schéhérazade.
Avez-vous supervisé la réalisation
de L'Arbre des deux printemps, l'album hommage
qui est paru aux éditions du Lombard
Non. Nous avons fait une entière confiance à
Rudi Miel quant à la direction graphique de l'album.
La famille Maltaite est juste intervenue pour donner
des noms des dessinateurs, amis de mon père.
J'ai été fort surpris de voir que chacun
d'eux a donné le meilleur de lui-même dans
le livre. Chacune des planches constitue une continuité
des premières, réalisées par mon
père.
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