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Zambada : Ex Libris pour Fantasmagorie (c) Maltaite, Glénat

Vous avez publié, en janvier 2001, le premier album d'une nouvelle série, Zambada. Comment est née votre collaboration avec Jean-Pierre Autheman ?
Elle est née d'une manière assez amusante. L'éditeur nous a mariés ! J'avais envoyé différents projets aux éditions Glénat. J'en assumais moi-même le scénario. Le directeur littéraire trouvait que mes histoires étaient un peu trop compliquées… D'un autre côté, Autheman avait proposé une histoire qui séduisait Henri Filippini, mais ce dernier pensait que le dessin de Jean-Pierre ne convenait pas à la collection Bulle Noire. Il a fait le rapprochement entre l'histoire de Jean-Pierre et mon style graphique. Glénat m'a envoyé le synopsis de Zambada. J'ai tout de suite été sous le charme du récit et j'ai empoigné mon téléphone pour joindre Jean-Pierre Autheman. Je ne le connaissais pas, mais le contact fut très chaleureux. Je lui ai envoyé différents croquis par e-mail. Finalement, nous nous sommes rencontrés alors que j'avais déjà dessiné quinze pages (rires).

Comment définiriez-vous sa manière d'écrire ?
Jean-Pierre est un excellent dialoguiste. Il accorde un soin non négligeable à la psychologie des personnages et aux différents détails de l'île de Zambada : sa composition ethnique, les différentes religions qui y sont pratiquées, le climat, les structures politiques, etc.

Crayonné : la femme du commissaire Delgado (c) Maltaite, Glénat

Le Commissaire Delgado, le personnage principal a un caractère bien tranché. Il est l'archétype du misogyne. Il traite souvent ses collaborateurs avec dédain… Qu'est-ce qui vous séduit en lui ?
Caractère bien tranché certainement, misogyne peut-être, toujours est-il qu'il aime sa femme et ne rêve que d'une chose, lui faire un enfant. Delgado est un gars assez désabusé, à la base je le vois bien comme un grand idéaliste ou un utopiste. Mais dans le microcosme où il évolue, il n'y a pas de place pour les belles idées. Il se débrouille pour être le plus souvent possible en accord avec lui-même. Ce qui peut passer pour du dédain n'est en fait que le reflet de son malaise vis à vis de la société corrompue qui l'entoure. Cela ne l'empêche pas d'être fort tolérant face à certaines particularités de ses collaborateurs (jetez un coup d'œil aux "cigarettes" de Virgile).

Vous accordez beaucoup d'importance aux ambiances du récit, en peaufinant vos décors de moult détails. Pourquoi est ce si important pour vous, alors que d'autres vont plutôt à l'essentiel ?
Si l'on veut que le lecteur s'immerge dans un récit, il est important de lui donner un maximum d'informations. Croyez-moi, si je pouvais faire une BD sonore en dolby stéréo, avec l'odeur et tout et tout, je le ferais. Et puis, c'est aussi un peu le plaisir des auteurs de vivre l'histoire intensément en la réalisant.

Quelle sera la trame du prochain album de Zambada ?
La Maison de l'Ange, le prochain Zambada, sortira en septembre 2002. Le commissaire Delgado sera plongé au cœur de magouilles politico-financières… Parallèlement à cette série, j'espère pouvoir continuer à illustrer des récits érotiques aux éditions Albin Michel. Je dessine également, de temps à autres, des petites histoires coquines, pour mon propre plaisir. J'en ai déjà réalisé trois entre mes différents albums. Il n'est pas impossible qu'elles soient un jour publiées…

Extrait de Robinsonne (c) Maltaite
Propos recueillis par Nicolas Anspach en février 2002
© Auracan, 2002
Reproduction interdite sans autorisation préalable
Tous nos remerciements à Marie-Cécile Manceau, des éditions Albin Michel
Critique de Zambada - T1 Critique de l'Arbre des deux printemps Interview de Rudi Miel Vers le site officiel Eric Maltaite
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