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Peral (c) Marc Carlot 2005

Depuis ses dix ans, il rêvait de devenir auteur de bandes dessinées. Après avoir emprunté des chemins de traverses pendant une bonne dizaine d'années, il réalise à présent son rêve et signe aujourd'hui Monsieur Papa , le tome 9 de Billy The Cat, qui est son deuxième album dans cette série et dans sa carrière.

Billy The Cat - T9: Monsieur Papa

Quel a été votre parcours jusqu'à cette reprise de Billy The Cat ?

Le dessin m'a toujours attiré. J'ai donc naturellement fait des études secondaires orientées dans cette voie. J'ai poursuivi mon cursus à St Luc à Liège dans la section illustration. Les trois années que j'y ai passées m'ont appris les bases de l'illustration.
En sortant de ces études, une rencontre servira de premier contact avec le métier: celle avec Olivier Saive. Il cherchait à l'époque un coloriste pour le deuxième volume de Tatayet, C'est pas lui, c'est moi. Après un essai fructueux, j'ai donc mis en couleur cet album. Et une véritable amitié est née. Par la suite, il m'a permis de réaliser quelques travaux publicitaires. Il m'a appris pas mal de choses au niveau du dessin. Je lui dois beaucoup.

Vous avez aussi travaillé pour le dessin animé...

J'ai été engagé par le studio d'animation luxembourgeois 352 pour faire du "lay-out". Ce qui consiste à redessiner le story-board en y incorporant toutes les actions, des indications techniques de cadrage, etc. J'ai également travaillé comme intervalliste, notamment sur Billy The Cat . Etait-ce un signe ? Peut-être...

Cette expérience dans l'animation vous a-elle apporté quelque chose au niveau graphique ?

Je dirais que ça a plutôt eu tendance à me bloquer. En effet, lorsqu'on fait de l'animation, on doit se plier à reproduire des choses existantes dans un style bien particulier. Cela m'a donné des "tics" dont j'ai eu beaucoup de mal à me défaire quand je suis passé à la bande dessinée. Par exemple, au niveau des mains des personnages: j'avais l'habitude de faire des mains à quatre doigts pour les dessins animés, et quand j'ai dû en faire avec cinq, je ne savais pas où mettre ce cinquième doigt.

Que retirez-vous de cette expérience ?

Cela m'a donné un esprit de synthèse. Comme il fallait carburer -pire qu'en BD-, j'ai dû trouver des trucs pour dessiner vite et bien.

Sourimousse (c) Peral, éditions Hemma
Sourimousse

Comment vous êtes-vous retrouvé assistant de Daniel Kox ?

Après mon passage dans le Studio 352, je suis revenu dans la région liégeoise et j'ai tout naturellement recommencé à voir plus régulièrement mon ami Olivier Saive. Encore lui ! C'est à l'occasion d'un vernissage d'expo BD qu'il m'a présenté à Daniel Kox. Ce dernier cherchait justement un assistant. C'est ainsi que j'ai réalisé les encrages de l'Agent 212 pendant environ trois ans.

Un peu plus tard, vous avez lancé une série de livres pour enfants avec Gilson...

A l'époque, je devais avoir croisé deux fois François Gilson. On ne se connaissait donc que très peu. Il se fait que les éditions Hemma souhaitaient relancer un concept de livres pour enfants basés sur le principe "un mot, une image". C'est-à-dire que certains mots du texte sont remplacés par un dessin, ce qui rend la lecture plus interactive puisque l'enfant à qui on la lit, trouve lui-même les mots manquant. François a proposé une série mettant en scène une petite souris, appelée Sourimousse. Et quand il a fallu trouver un illustrateur, il a suggéré mon nom. Je ne sais pas pourquoi. J'ai dessiné 10 histoires de Sourimousse . Six ont été écrites par Gilson, tandis que les quatre dernières sont nées de la plume de Schmurl.

Extrait de Billy The Cat - T10 (à paraître)

Durant cette période, vous en arrivez finalement à reprendre Billy The Cat...

Une fois encore, c'est Olivier Saive qui est à l'origine de la rencontre providentielle avec Stéphane Colman. C'est au resto après un karting qu'il m'a invité à faire un essai pour la reprise de Billy The Cat. J'étais évidemment enchanté de cette proposition. Comme je travaillais sur Sourimousse, je n'avais pas beaucoup de temps. J'ai donc réalisé rapidement deux petites feuilles d'essai au crayon bleu, avec lesquelles je me suis présenté devant Colman et Desberg. Il y a avait deux autres candidats repreneurs. Et eux avaient dessiné des planches complètes, à l'encre, avec une histoire originale... Visiblement, mes dessins ont séduit les auteurs de la série, malgré mon mince dossier de présentation.
Au départ, il était question que je dessine des histoires courtes uniquement, alors que Colman continuerait à s'occuper des récits complets. Finalement, j'en suis arrivé à reprendre complètement la série. Le tome 8 était un recueil de courtes histoires, mais le tome 9 -Monsieur Papa- comporte une seule aventure. C'est aussi l'occasion d'un changement de scénariste. Stephen Desberg étant plus branché sur les intrigues réalistes, c'est Jean-Louis Janssens qui a repris le scénario à partir de la planche 15. Je suis très content de cette collaboration. Cela a tout de suite bien collé entre nous. Il est parvenu à insuffler un nouveau souffle à la série. De nouveaux personnages font leur apparition, ça bouge bien. C'est très chouette. Je travaille actuellement sur le numéro 10, mais Jean-Louis a déjà écrit le suivant. Comme je crée des personnages, je me sens plus investi qu'auparavant. Et je commence à bien avoir la série en main. C'est très agréable...

Découpage Crayponné Encrage Mise en couleurs
Découvrez les étapes de la réalisation de la planche 24 de Monsieur Papa
Propos recueillis par Marc Carlot en mai 2005
Copyright © Auracan.com, 2005
Illustrations © Peral, Dupuis 2005
Photo de l'auteur © Marc Carlot, 2005
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