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Fransisco Porcel

Francisco Porcel est un jeune dessinateur espagnol. Il réalise avec Jean-David Morvan, la série Reality Show.

Nous l'avons rencontré à l'occasion de la sortie du deuxième tome de Reality Show... De quoi faire plus ample connaissance...

Comment es-tu arrivé à la BD ?
Hé bien, en fait, je ne sais rien faire d'autre ! Je dessine depuis que je suis petit. J'aimais raconter mes histoires ou mes films préférés, tel que je les voyaient, mais sous forme de BD.
Je n'aime pas seulement dessiner, j'aime aussi écrire et mettre en scène, imaginer un univers, créer des personnages, jouer avec l'imagination. C'est une vraie passion.
J'ai aussi suivi des cours de dessins dans une école de BD à Barcelone. J'y ai beaucoup appris.

J'ai lu que tu étais fasciné par Uderzo et Juan Gimenez, deux artistes graphiquement aux antipodes l'un de l'autre…
Je n'ai pas de style de dessins préféré. Quand j'étais petit, j'aimais beaucoup Gaston Lagaffe, Lucky Luke, Astérix,… Plus tard, j'ai découvert Juan Gimenez dans les pages d' "Ideal", un journal Espagnol qui publiait "L'Etoile Noire". Ce fut une révélation pour moi, car c'était quelque chose de différent. Je me suis dit que c'était ça que je voulais faire ! De la science-fiction, des navettes spatiales, etc… J'étais fasciné !

Es-tu intéressé par les comics qui sont bien représentés en Espagne je crois ?
Non, mes vrais inspirations viennent plutôt de magazines tels Métal Hurlant, Cimoc, Zona 84, … A une époque, je copiais le style d'auteurs comme Moebius, Mandafina, … Après, c'est Juillard qui m'a fait tomber amoureux de la BD historique avec "les Sept Vies de l'Epervier". Plus tard, à l'école j'ai découvert les comics et les mangas, mais sans plus d'intérêt.

Comment as- tu rencontré Jean-David ?
C'est Jean-Davis m'a rencontré ! J'avais envoyé chez Dargaud les planches d'un album que j'avais réalisées en Espagne. Jean David les a vues et m'a aussitôt contacté par mail pour me demander de travailler avec lui. J'étais très heureux et très fier car je connaissais un peu son travail sur HK et Nomad.

Jean-David te demande-t-il souvent d'apporter des modifications à tes planches ?
Au début, oui. Il m'a donné beaucoup de conseils pour améliorer l'histoire. De plus, du fait que je ne suis pas français, je ne saisis pas toujours certains mots, je risque alors de mal les interpréter et ainsi me tromper sur le sens d'une scène. Donc Jean-David m'explique parfois certains détails afin que tout soit correct. Mais il ne m'envoie jamais de dessins afin de ne pas bloquer mon imagination et que je puisse réaliser les choses à ma manière.

La télé réalité existe un peu partout dans le monde, l'Espagne n'échappe pas à la règle. Es-tu amateur de ce genre d'émission ?
Quand j'arrête de dessiner, j'aime beaucoup m'affaler dans le sofa et regarder ce genre d'émission. Il y a actuellement en Espagne une émission dans le style du "Loft" que je regarde, j'aime bien voir le comportement des gens dans certaines situations, cela me donne de l'inspiration, et puis, c'est aussi une récréation de la tête !
Petite anecdote : Dans le premier Reality Show, on voit des gens passer un casting pour remplacer le coéquipier de Norman, il faut savoir qu'à cette époque, j'ai été moi-même passer un casting pour participer à une émission de télé-réalité.
Je voulais voir de l'intérieur comment fonctionnait la télévision, comment on fabriquait ce type d'émission. Et puis il y avait aussi le prix en argent… Malheureusement, ou heureusement, je n'ai pas été retenu.
Je ne cours en tout cas pas après la célébrité car je suis plutôt d'un tempérament timide…

Les auteurs Espagnols travaillent le plus souvent pour l'étranger (Bachalo, Pacheco avec les USA, Gimenez, Bernet, Garcia, …), la BD Ibérique se porte-t-elle si mal ?
Non, en fait, il n'y a simplement pas beaucoup d'opportunités parce qu'il n'y a pas beaucoup de lecteurs, ni d'éditeurs. Il est plus facile et plus économique pour les éditeurs espagnols d'acheter les droits sur des BD étrangères et de les publier. Donc pour être publér en Espagne, il faut d'abord être publié ailleurs.

Quelle est ta méthode de travail ?
A la réception du scénario de Jean-David, je réalise tout d'abord une sorte de story-board. J'imagine les scène comme dans un film et j'organise le tout visuellement, sans penser à ce que sera la planche, sans tenir compte de la forme définitive. Ensuite, je retire les éléments primordiaux et je mets le tout en scène sur la version finale.

Quel est ton sentiment sur les séances de dédicaces ?
J'aime beaucoup car la motivation première de faire de la BD, c'est d'avoir des lecteurs. Les séances de dédicaces permettent de les rencontrer. C'est parfois bizarre, car tu penses avoir le personnage, à toi, dans ta tête en toute intimité, et puis le lecteur vient te parler de lui comme s'il le connaissait personnellement, c'est drôle… Et puis les gens sont très gentils… Maintenant, c'est peut-être parce que c'est le début…

As-tu d'autres projets BD ?
Pour le moment, c'est Reality show, je suis très à l'aise sur cette série, les personnages sont un peu mes amis, mes enfants… Mais j'aimerais aussi écrire mes propres histoires, dans un autre style, comique ou historique, pour expérimenter un autre graphisme, une autre manière de raconter. Mais pour le moment rien de concret…

Propos recueillis par Tony Larivière en mai 2004
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Illustrations © Porcel 2004

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Photo de l'auteur © Tony Larivière, Auracan.com, 2004

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