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Comment es-tu arrivé à la
BD ?
Hé bien, en fait, je ne sais rien faire d'autre
! Je dessine depuis que je suis petit. J'aimais raconter
mes histoires ou mes films préférés,
tel que je les voyaient, mais sous forme de BD.
Je n'aime pas seulement dessiner, j'aime aussi écrire
et mettre en scène, imaginer un univers, créer
des personnages, jouer avec l'imagination. C'est une
vraie passion.
J'ai aussi suivi des cours de dessins dans une école
de BD à Barcelone. J'y ai beaucoup appris.
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J'ai lu que tu étais fasciné par
Uderzo et Juan Gimenez, deux artistes graphiquement
aux antipodes
l'un de l'autre…
Je n'ai pas de
style de dessins préféré.
Quand j'étais petit, j'aimais beaucoup Gaston
Lagaffe, Lucky Luke, Astérix,… Plus tard,
j'ai découvert Juan Gimenez dans les pages d' "Ideal",
un journal Espagnol qui publiait "L'Etoile Noire".
Ce fut une révélation pour moi, car c'était
quelque chose de différent. Je me suis dit que
c'était ça que je voulais faire ! De
la science-fiction, des navettes spatiales, etc… J'étais
fasciné !
Es-tu intéressé par les comics qui sont
bien représentés en Espagne je crois
?
Non, mes vrais inspirations viennent
plutôt
de magazines tels Métal Hurlant, Cimoc, Zona
84, … A une époque, je copiais le style
d'auteurs comme Moebius, Mandafina, … Après,
c'est Juillard qui m'a fait tomber amoureux de la BD
historique avec "les Sept Vies de l'Epervier".
Plus tard, à l'école j'ai découvert
les comics et les mangas, mais sans plus d'intérêt.
Comment as- tu rencontré Jean-David
?
C'est Jean-Davis m'a rencontré ! J'avais envoyé chez
Dargaud les planches d'un album que j'avais réalisées
en Espagne. Jean David les a vues et m'a aussitôt
contacté par mail pour me demander de travailler
avec lui. J'étais très heureux et très
fier car je connaissais un peu son travail sur HK et
Nomad.
Jean-David te demande-t-il souvent d'apporter
des modifications à tes
planches ?
Au début, oui. Il m'a donné beaucoup
de conseils pour améliorer l'histoire. De plus,
du fait que je ne suis pas français, je ne saisis
pas toujours certains mots, je risque alors de mal
les interpréter et ainsi me tromper sur le sens
d'une scène. Donc Jean-David m'explique parfois
certains détails afin que tout soit correct.
Mais il ne m'envoie jamais de dessins afin de ne pas
bloquer mon imagination et que je puisse réaliser
les choses à ma manière. La télé réalité existe
un peu partout dans le monde, l'Espagne n'échappe
pas à la règle. Es-tu amateur de ce genre
d'émission ?
Quand j'arrête de dessiner, j'aime beaucoup
m'affaler dans le sofa et regarder ce genre d'émission.
Il y a actuellement en Espagne une émission
dans le style du "Loft" que je regarde, j'aime
bien voir le comportement des gens dans certaines situations,
cela me donne de l'inspiration, et puis, c'est aussi
une récréation de la tête !
Petite anecdote : Dans le premier Reality Show, on
voit des gens passer un casting pour remplacer le coéquipier
de Norman, il faut savoir qu'à cette époque,
j'ai été moi-même passer un casting
pour participer à une émission de télé-réalité.
Je voulais voir de l'intérieur comment fonctionnait
la télévision, comment on fabriquait
ce type d'émission. Et puis il y avait aussi
le prix en argent… Malheureusement, ou heureusement,
je n'ai pas été retenu.
Je ne cours en tout cas pas après la célébrité car
je suis plutôt d'un tempérament timide…
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Les auteurs Espagnols travaillent le plus
souvent pour l'étranger (Bachalo, Pacheco avec les USA,
Gimenez, Bernet, Garcia, …), la BD Ibérique
se porte-t-elle si mal ?
Non, en fait,
il n'y a simplement pas beaucoup d'opportunités
parce qu'il n'y a pas beaucoup de lecteurs, ni d'éditeurs.
Il est plus facile et plus économique pour les éditeurs
espagnols d'acheter les droits sur des BD étrangères
et de les publier. Donc pour être publér
en Espagne, il faut d'abord être publié ailleurs.
Quelle est ta méthode de travail
?
A la réception du scénario de Jean-David,
je réalise tout d'abord une sorte de story-board.
J'imagine les scène comme dans un film et j'organise
le tout visuellement, sans penser à ce que sera
la planche, sans tenir compte de la forme définitive.
Ensuite, je retire les éléments primordiaux
et je mets le tout en scène sur la version finale.
Quel est ton sentiment sur les séances de dédicaces
?
J'aime beaucoup car la motivation première
de faire de la BD, c'est d'avoir des lecteurs. Les
séances de dédicaces permettent de les
rencontrer. C'est parfois bizarre, car tu penses avoir
le personnage, à toi, dans ta tête en
toute intimité, et puis le lecteur vient te
parler de lui comme s'il le connaissait personnellement,
c'est drôle… Et puis les gens sont très
gentils… Maintenant, c'est peut-être parce
que c'est le début…
As-tu d'autres projets BD ?
Pour
le moment, c'est Reality show, je suis très à l'aise
sur cette série, les personnages sont un peu
mes amis, mes enfants… Mais j'aimerais aussi écrire
mes propres histoires, dans un autre style, comique
ou historique, pour expérimenter un autre graphisme,
une autre manière de raconter. Mais pour le
moment rien de concret…
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