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Rencontre avec Olivier Ta dit TaDuc, dessinateur
réaliste qui a déjà neuf albums à
son actif.
Après avoir collaboré avec Dieter
sur Sark, un récit d'aventure relevant
du genre historique "de cape et d'épée",
l'éditeur Guy Delcourt et le scénariste Serge
Le Tendre lui ont demandé de reprendre le
dessin de Takuan. Après trois albums,
il abandonne ce personnage pour réaliser un sujet
qui lui tient à cur depuis plusieurs années.
Toujours en compagnie de Serge Le Tendre, il imagine aujourd'hui
le parcours atypique de Chinaman, mercenaire
chinois en terre américaine dont le cinquième
album sort actuellement.
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Pouvons-nous revenir sur vos débuts en bande dessinée
?
Mes débuts professionnels remontent à 1986 dans
un journal du groupe Fleurus Presse qui s'appelait Triolo.
Il s'adressait aux enfants, et j'y ai dessiné des histoires
courtes scénarisées par Dieter. Nous nous étions
rencontrés par l'intermédiaire d'un dessinateur
professionnel. C'est à cette époque que j'ai connu
Thierry Robin qui travaillait pour eux également. Nous
avons dû faire ensemble moins d'une dizaine d'histoires
avant d'être gentiment remerciés comme la plupart
des membres de l'équipe, suite au rachat du journal par
le groupe Ampère. J'ai dû arpenter les couloirs des
autres maisons d'éditions afin de continuer à travailler,
ce que j'ai fait pour les groupes Bayard et Edimonde (Le Journal
de Mickey) pendant quelques mois avant de commencer mon premier
véritable album au sein d'une série. C'est à
cette période-là que j'ai rejoint Thierry Robin
et Pierre-Yves Gabrion pour former un atelier. Cela a été
pour moi une période très agréable et très
profitable, même si j'étais en plein questionnement
sur la poursuite ou non de mon aventure dans le monde de la bande
dessinée.
Que
retenez-vous de cette expérience ?
Cela m'a permis de combler ma solitude de dessinateur mais également
de profiter des conseils de mes petits camarades, donc de progresser
plus rapidement. Il faut dire qu'on ne se faisait pas nécessairement
de cadeaux concernant le travail, mais tout cela restait dans
un bon esprit. Il y a forcement une énergie supplémentaire
à travailler à plusieurs, ce qui est profitable
à tous les participants. L'atelier a duré de 1988
à 1991 jusqu'à ce que mes deux compères ne
déménagent sur Angoulême, où là
aussi, ils ont participé à d'autres ateliers.
C'est chez Glénat que vous avez publié votre
premier album
Oui, c'était là encore une collaboration avec Dieter,
qui m'avait proposé ce projet de cape et d'épée
sur la bande de Mandrin : Sark. La série avait été
signée chez Glénat avec Jean-Claude Camano pour
être éditée au sein de la toute jeune collection
SAGA dont le fer de lance était Le Torte de Rollin
et Dubois. Mais la collection a vite été arrêtée
car ses séries n'ont jamais vraiment décollé.

Extrait des Voyages de Takuan
T4: La source noire © Taduc, Le Tendre, Delcourt
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Quel regard portez-vous sur cette série avec le
recul ?
C'est une série qui n'a pas été sans difficultés
pour moi, car c'était, je le rappelle, mes deux premiers
albums avec tout ce que cela implique. Je crois qu'il y a eu,
au tout début du projet, un malentendu entre Dieter et
moi-même, ce qui n'a pas aidé à l'épanouissement
de la série. Mon sentiment est donc assez mitigé
entre le plaisir de faire mes débuts dans le monde des
albums de BD, et la frustration quand à ma relation avec
Dieter.
Du coup, vous êtes passé chez Delcourt
Ensuite, j'ai repris la série des Voyages de Takuan
qui m'avait été proposée conjointement par
Delcourt et Le Tendre que je connaissais déjà pour
l'avoir croisé en festival. Et cela a été
une véritable rencontre professionnelle, qui dure encore
aujourd'hui car nous en sommes à notre huitième
album ensemble.
Cette série était initialement dessinée
par l'italien Siméoni. Quels problèmes avez-vous
rencontrés lors de cette reprise ?
J'ai eu très peu de contraintes, ça je dois le reconnaître,
si ce n'est de faire des personnages relativement ressemblants.
Cependant, j'avais toute latitude pour les mettre à "ma
main", ce qui m'a permis de modifier l'aspect physique de
Takuan que je ne trouvais pas assez asiatique pour un Japonais.
Pour le reste, aucune restriction. Il faut dire que mon style
graphique est proche de celui de Siméoni
je pense
que la passation s'est faite sans trop de douleurs.
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