|
William Maury, alias Will Maury,
publie, fin mai, un premier album, intitulé Baraka,
chez Emmanuel Proust, avec pour scénariste, un
nom prestigieux du cinéma français, Georges
Lautner. Nous avons profité de l’occasion
pour faire plus ample connaissance avec ce jeune dessinateur…
« Baraka » est votre premier album. Pouvez-vous
nous présenter votre parcours ?
William Maury, dit Will Maury… Je suis né en
1969 à Millau où je vis toujours. Depuis
quelques mois, j’arrive à vivre de ma
passion, du dessin et de la bande dessinée.
Chaque matin, je me pince pour y croire ! Après
la Troisième, je me suis dirigé vers
l’hôtellerie, sans grand succès,
la passion dévorante du dessin me rattrapant.
Depuis je ne cuisine plus qu’avec pinceaux et
crayons…
D’où vous vient cette passion
pour le monde des bulles ?
A un an, j’ai fait mes premières armes
sur la tapisserie de ma chambre ! Plus sérieusement,
c’est surtout les comics que je dévorais
quand j’étais enfant. Ils m’ont
donné goût pour le graphisme des Strange,
des Marvel… Je pouvais rester des heures à décrypter
une image, une case. J’ai découvert la
bande dessinée franco-belge plus tard. J’avais
aussi l’habitude de « rectifier » les
photos de classe. Je caricaturais mes profs, mes amis,
et pendant mon service militaire, j’ai « déformé » toute
la compagnie !
Quels sont les auteurs qui influencent votre style
?
Inconsciemment, des auteurs comme Kirby, Simonson,
Bilal, Mitton ont dû orienter mes goûts
graphiques. Mais j’aime aussi le trait vif et
rond de Franquin, Roba ou Gotlib…
Parlons de « Baraka », un album qui marque
votre entrée dans le monde du 9e art…
Tout d’abord, Baraka est une comédie policière à la
sauce Lautner. Il s’agit de l’histoire
du commandant Brouillard, un homme qui ne supporte
plus ses échecs. Il sollicite alors un personnage étonnant,
sorte d’Einstein de la police scientifique, pour
l’aider à solutionner ses enquêtes.
Le savant lui invente alors « la pilule de la
chance ». Il suffit de prendre cette pilule pour
que le policier devienne chanceux, voir même
invincible. Manque de chance, ce flic idéal
se fait enlever…
C’est Emmanuel Proust qui vous publie…
J’avais d’abord proposé deux projets
finalisés à Emmanuel Proust qui était
intéressé par « mon coup de crayon ».
Nous nous sommes revus à Angoulême et
quelques mois plus tard, il m’a demandé de
réaliser trois planches originales dans un look
année 1950, façons Tonton flingueurs… Essai
concluant apparemment.
Justement, c’est le cinéaste Georges
Lautner qui signe le scénario de « Baraka ».
Comment avez-vous été choisi pour travailler
avec lui ?
Après mes différents essais, Emmanuel
Proust m’a ensuite envoyé le synopsis
de Baraka en me demandant de faire un essai sur trois
pages d’après un scénario prédécoupé de
Georges Lautner. Ce dernier a aimé mon travail
et le contrat a été rapidement signé.
Georges Lautner a un humour à toute épreuve,
il a aussi un regard exercé pour déceler
les plans ou les attitudes qui n’allaient pas.
Le plus souvent, nous faisions les rectifications par
téléphone, et par mails avec l’éditeur.
Combien de temps avez-vous mis pour réaliser
cet album ?
8 mois, dessins et couleurs, c’est court ! Ce
fut un challenge aussi bien pour moi que pour Georges
Lautner. C’était aussi la première
fois que j’abordais la mise en couleurs numérique.
Comment se déroulent vos journées
de travail ?
Le matin, ce n’est pas évident car j’ai
la main engourdie et maladroite. Je fais donc beaucoup
de recherches sur les détails et les décors.
Ensuite, je n’arrête pas de crayonner,
et une fois le dessin fini, je l’insère
dans la case. A la fin de la journée, une tonne
de feuille noircies et chiffonnées trône
sur mon bureau. Ensuite, la planche prend forme et
cela me réconforte : l’encrage et la mise
en couleurs sont une sorte de recréation, je
souffre alors beaucoup moins…
Avez-vous d’autres projets en cours
?
Je donne la priorité au deuxième tome
de Baraka. C’est déjà beaucoup
! Olivier Branco, le héros qui a pour surnom
Baraka, aura plusieurs missions : c’est une sorte
de James Bond français… Il m’arrive
aussi de réaliser des illustrations pour des
magazines, mais je manque de temps. La bande dessinée
est un boulot très prenant, il faut s’impliquer à fond
dans un univers, et tisser sa toile tous les jours.
|