Auracan » chroniques » 1914-1918 Intégrale : Putain de guerre
1914-1918 Intégrale : Putain de guerre, par Jacques Tardi - Jean-Pierre Verney, Jacques Tardi (Casterman)

1914-1918 Intégrale

Putain de guerre

Scénario : Jacques Tardi - Jean-Pierre Verney
Dessins et couleurs : Jacques Tardi

Casterman

Bain de sang !

Casterman réédite l'intégrale Putain de guerre, publiée en deux tomes en 2008 par l'historien Jean-Pierre Verney, spécialiste de la Première Guerre mondiale et par Jacques Tardi, un autre spécialiste de cette période (C'était la guerre des tranchées). Un plaidoyer contre la bêtise humaine capable des pires horreurs.

Août 1914. On mobilise. En France, on est content sauf un des soldats français ouvrier tourneur en métaux. En Allemagne, on est aussi content. On se voit déjà à Paris draguer les Françaises. Selon les Français, l'Allemagne n'attaquera pas par le nord. Mais, les Allemands envahissent la Belgique. Le soldat ouvrier se retrouve pris dans la violence des affrontements. Il doit se battre pour survivre. Mais, il réussit à s'enfuir...

Le ton de Verney et les images de Tardi provoquent un choc chez le lecteur et montrent de façon détaillée les horreurs de la guerre. Les auteurs ont choisi de suivre le destin d'un soldat anonyme pour montrer la guerre la plus sanglante en pertes militaires. Tout y passe : les insurrections punies dans le sang, la mobilisation et les mutilés de guerre. Toutes les batailles sont évoquées. On pense au film Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick et au roman La Peur de Gabriel Chevalier. Les auteurs exacerbent la violence des conflits. Ils montrent tout : les blessés, les massacres et les tripes à l'air ! Verney laisse parler les soldats qui ont vécu l'enfer et met dans leur bouche leur langage, un langage crû. Le titre est à l'image de l'album: un cri de révolte. Les auteurs montrent les responsables de ces boucheries inutiles.

Graphiquement, Tardi est le dessinateur le mieux placé pour dépeindre l'horreur de la Première Guerre mondiale. Son dessin se veut agressif. Tardi parvient à montrer la guerre dans toute son horreur. Il utilise la couleur qui se dégrade vers la fin dans un gris terne.

Un devoir de mémoire particulièrement réussi.

Partager sur FacebookPartager
Jean Goossens

Du même dessinateur :

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB - T1, par Jacques Tardi

A lire également :

10/03/2014