Auracan » chroniques » The Sixth Gun - Tome 1 : De mes doigts morts
The Sixth Gun - Tome 1 : De mes doigts morts, par Cullen Bunn, Brian Hurtt, collection Urban Indies (Urban Comics)

The Sixth Gun

Tome 1 : De mes doigts morts

Scénario : Cullen Bunn
Dessins : Brian Hurtt

Urban Comics, collection Urban Indies

Go West !

À Crescent Junction, il n'y a pas grand chose d'habitude. Mais aujourd'hui, un vieil homme demande à sa belle fille deux choses : partir loin et enterrer le contenu d'une boîte (un revolver). Deux instructions à faire après sa mort prochaine. Malheureusement, celle-ci se passe plus tôt que prévu. Cherchant à le venger, la jeune femme s'empare du revolver et est aussitôt maudite. Cet objet est le 6ème revolver et les cinq autres propriétaires sont à sa recherche... Vive ou morte !

À sa lecture, The Sixth Gun fait penser à la série télévisée Les Mystères de l'Ouest (Wild Wild West en version originale). Un far west réinventé, mais dont on garde la mythologie (grands espaces, combats de revolver, jeunes femmes à protéger) avec des situations fantastiques (armes maudites, objets magiques). Là où l'album diffère de la série, c'est dans le traitement des personnages. Si le personnage de Drake Sinclair est aussi bien habillé que Robert Conrad, sa moralité n'est pas la même. Son personnage cache une part sombre. Il en est de même pour tous les caractères "du bon côté de la barrière".

Cullen Bunn écrit un scénario où toute notion de héros est dérisoire, que ce soit par l'ambiance de l'album ou par les actions des personnages. Si la mythologie du far west veut qu'il y ait des armes, l'histoire de The Sixth Gun les présente ainsi : "Aucune arme au monde n'est naturelle". Les tomes suivants semblent montrer que l'histoire des États-Unis s'est écrite avec le sang des innocents, à cause d'artefacts magiques. Ceux-ci étant des armes maudites.

Pour une histoire aussi riche, Brian Hurtt opte pour un graphisme sec, avec peu de détails. Un parti-pris qui permet de "survoler" les cases pour maintenir la cadence de lecture. A contrario, certaines pages illustrées méritent le détour. Un travail qui se doit d'être saluer d'autant plus que l'encrage est parfait.

Urban Comics continue de sélectionner le meilleur des comics-books. Une excellente façon de faire connaître les artistes de l'autre côté de l'Atlantique et de démystifier les "comics". Quant au contenant, entre far west et récit fantastique, son ambiance séduit autant que son scénario malin. À suivre avec attention.

Partager sur FacebookPartager
Hervé Beilvaire
10/07/2014