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Asphodèle,
la première livraison de la collection Insomnie
de Delcourt, remplit parfaitement son rôle, à
savoir satisfaire les aficionados de fantastique et d'horreur.
A peu près simultanément, au quatre coin du
globe, trois hommes d'âge mûr sont victimes d'agression
d'origine surnaturelle. Ils décident alors d'engager
Asphodèle, une sorcière plus férue de
théorie que de pratique, pour conjurer le mauvais sort
qui pèse sur eux. Mais la jeune femme s'aperçoit
rapidement que l'esprit qui les menace est probablement une
résurgence de leur passé mystérieux
Certes, on pourrait reprocher à Corbeyran
(scénariste de l'excellent "Chant des Stryges")
le manque d'originalité de son intrigue, mais ce serait
bien vite oublier la virtuosité dont il fait preuve.
En effet, les scènes -compactes et parfaitement découpées-
maintiennent en permanence l'attention. De plus, l'utilisation
judicieuse de flash-back sibyllins relance à point
nommé l'intérêt. Les dialogues, bien écrits
(peut-être même parfois un peu trop) sonnent juste.
Quant à la narration, elle est fluide et sait ne pas
trop se montrer explicative. Enfin, Corbeyran ne cède
jamais à la facilité en évitant toute
scène voyeuriste. Mais après tout, c'est un
adage du genre: suggérer plutôt que montrer!
Le dessin de Defali, très moderne, a su adapter
au style franco belge une influence américaine bien
digérée. Son découpage original, qui
utilise massivement les bords perdus sans perdre en lisibilité,
est d'une maîtrise totale. Les couleurs informatiques
de Schelle renforce le côté réaliste du
dessin. Il utilise habilement les effets de lumière,
de reflet et de flou que permet l'ordinateur sans jamais tomber
dans la surenchère.
Les adeptes du genre apprécieront sans réserve,
les autres préféreront peut-être attendre
la fin du cycle (qui se clôturera au prochain tome)
pour se faire une idée plus précise.
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