|
Après quatre albums mettant en scène Bernard
Sambre et Julie Saintange, Bernard Yslaire inaugure un nouveau
cycle de cette dramatique saga familiale.
Nous retrouvons Julie, au bagne de Brest, huit ans après
la mort de Bernard sur les barricades. Condamnée à perpétuité,
elle tente de survivre à cet enfer carcéral.
Un espoir lui est cependant offert : on lui propose une « nouvelle
vie » à Cayenne. Mais Julie est une forte tête
et elle refuse d’abord violemment cette trop belle « offre ».
Avant tout, elle voudrait savoir ce qu’est devenu son
fils Bernard-Marie…
L’enfant a été confié à sa
tante Sarah qui vit toujours dans la maison familiale des
Sambre à la Bastide. Lui aussi se pose des questions
sur sa mère. Qui est-elle ? Où est-elle ? Les
interrogations deviennent pressantes et sa tante a de plus
en plus de mal à lui cacher la vérité…
Comme pour le cycle précédent, Yslaire a construit
son scénario avec brio sur la psychologie souvent
tortueuse des protagonistes. Il nous fait part des déchirements
d’une mère et d’un fils, qui ne se connaissent
pas. Le jeune garçon est manipulé par une tante
subjuguée par le souvenir de son père et de
son frère défunts. Et, en tant qu’ultime
descendant de la famille Sambre, il sera l’instrument
qui perpétuera et achèvera « la guerre
des yeux », la grande œuvre des Sambre…
Côté graphisme, l’auteur reste fidèle à son
style et à ses couleurs sépia et rouge, qui
rendent toute l’atmosphère oppressante du scénario.
On notera l’utilisation assez fréquente de l’ordinateur
pour agrandir, sans trop d’effort, des extraits de
case. Le découpage et la composition des planches
témoignent de tout le savoir-faire du dessinateur.
Et, au final, le résultat est à la hauteur
de nos espérances : magnifique !
Ce cinquième volume est donc un récit sombre
et touchant qui poursuit avec bonheur la grande histoire
des Sambre… |