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Beta   civilisations - Tome 1 : Volume I, par Jens Harder (Edition Actes Sud – L’An 2)

Beta civilisations

Tome 1 : Volume I

Scénario, dessins et couleurs : Jens Harder

Edition Actes Sud – L’An 2

Jens Harder nous avait impressionnés avec la qualité d’Alpha… directions, un album remarquable qui retraçait l’histoire de la Terre depuis le Big Bang. Le revoilà avec Beta… civilisations, la deuxième partie (deux volumes prévus) qui s’intéresse à l’homme et à son évolution, de nos lointains ancêtres primates à Homo Sapiens Sapiens.

Point d’effet de surprise cette fois, le mode narratif est connu : une simple phrase au milieu de la page vient crée le lien entre de nombreuses images de scènes anciennes ou actuelles qui se juxtaposent pour créer une narration visuelle. Et le message passe. Comme dans Alpha, Jens Harder réussie à nous interroger profondément sur le sens de cette évolution. Encore une fois, quel travail ! Et quelle histoire !

Si on a l’habitude de raconter l’évolution en s’arrêtant à la fin du néolithique, juste avant que l’Histoire ne prenne la relève avec l’Antiquité et les premières grandes civilisations (4500 ans av. J-C), Jens Harder n’hésite pas à franchir le pas et à raconter l’évolution des sociétés humaines du Bassin méditerranéen, d’Asie et d’Amérique jusqu’à l’an 1. Celles-ci qui semblent toutes mues par un même élan. Ainsi la roue fait elle son apparition dans plusieurs régions aux alentours de 3500 av. J-C.

En achevant ce premier volume sur la création de l’empire romain, l’auteur semble prendre sur la fin le parti d’une vision européano-centrée. A ce stade, on ne peut guère lui en vouloir tant le sentiment qui prédomine à la lecture de l’ouvrage, est une accélération des temps et une complexité grandissante.

Dans une postface très instructive sur les intentions de l’auteur, celui-ci parle de son souhait de « respecter les dimensions temporelles ». Un projet « voué à l’échec, dit-il. C’est ainsi que l’Antiquité, qui ne dure qu’un battement de cils, a droit à quarante pages alors que le Paléolithique qui dure plus de mille fois plus longtemps, doit se contenter de cent pages ».

Il faut aussi noter la grande qualité d’impression de cet album en bichromie, une qualité qui participe au sentiment de grand œuvre auquel on souhaite que Jens Harder se consacre encore quelques années pour mener à bien l’aventure et finir par son « Gamma… Visions ».

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Antoine Hudin

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05/09/2014