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Hellship, par Jared Muralt, collection Cockpit (Paquet)

Hellship

Scénario, dessins et couleurs : Jared Muralt

Paquet, collection Cockpit

Dernière mission

À quelques mois de la fin de la guerre, le capitaine Edwart Baxtor commande et veille sur l’équipage de son B25. Partagé entre l’envie d’être le meilleur de son escadron, la guerre qui s’achève mais reste présente et ses pensées pour sa femme, il doit aussi faire face aux problèmes personnels de son équipage qui ressurgissent et semblent vouloir reléguer la guerre en seconde position. Mais cette dernière leur réserve un retour de flamme d’où aucun ne ressortira indemne...

Même si Hellship est publié dans la collection Cockpit et que l'élément aéronautique y est bien présent, c'est une histoire très humaine que nous présente ce one-shot réalisé par le dessinateur suisse Jared Muralt. En effet, l'album nous immerge dans le quotidien d'une base aérienne en guerre, dans une forme de longue attente propice au développement des tensions entre les individus, que l'on essaye d'atténuer par un côté bravache (la course aux victoires), seulement rythmé par les missions. L'auteur parvient aisément à nous faire partager cette ambiance, entre moments de désespoir et humour toujours amer. Puis vient la mission, l'attaque d'un convoi maritime japonais, une erreur et ce que l'on nommerait aujourd'hui des "dommages collatéraux" particulièrement atroces. Et puis l'impression de rester un peu sur sa faim. En effet, Jared Muralt rend ses protagonistes attachants, et on aurait aimé partager plus avec eux. Certes, avec cette mission, ce sont l'absurdité et les atrocités de la guerre qui les rattrapent, mais encore...

Graphiquement, Jared Muralt s'en tire remarquablement, avec un dessin réaliste typé, soigné et efficace, qui rappelle parfois celui de Walter Taborda (Big Bill est mort). L'auteur caractérise ses personnages avec succès et nous offre de belles séquences aériennes. On regrette d'autant plus cette impression subsistante d'inachevé de son scénario. À l'inverse des "romans graphiques", on a l'impression de découvrir ici une "nouvelle graphique", un peu déséquilibrée, et peut-être pas suffisamment structurée pour y consacrer l'entièreté d'un album. L'ajout de trois pages de croquis pour atteindre la pagination classique semble d'ailleurs venir confirmer cette impression.

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Pierre Burssens

Pour en savoir plus : le site de l'auteur

20/02/2015