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Les Basses Terres - Tome 1 : Le Traître, par Herman Roozen, Daniel Van Den Broek (Kramiek)

Les Basses Terres

Tome 1 : Le Traître

Scénario : Herman Roozen
Dessins et couleurs : Daniel Van Den Broek

Kramiek

Sombre secret

La baronne Thérésa de la Tombe-Borchave de Wavelle prépare sa réunion de famille annuelle dans son domaine des Basses Terres. Elle ne se doute pas qu'Arnaud Bouleau, fils de sa femme de chambre et étudiant en histoire, va, malgré lui, déclencher une série d'événements qui menacent de révéler un secret de famille jalousement gardé. Le défunt époux de la baronne était-il un traître pendant la guerre ?

Kramiek, structure "humour" du groupe Paquet nous fait une fois de plus découvrir une série de l'éditeur néerlandais Strip 2000, qui, de son côté, diffuse certaines séries des éditions Paquet aux Pays-Bas. A priori, la couverture de ce tome 1 ne désigne pas précisément un album humoristique, pourtant, une fois tournée, c'est bien dans une comédie policière au dessin semi-réaliste que l'on se trouve plongé. Au coeur d'un huis-clos qui a pour décor le château qui donne son nom à la série, on s'attache rapidement à la démarche (maladroite) d'Arnaud Bouleau dans cette étrange famille, et on s'amuse des nombreux rebondissements de son enquête.

Le scénario d'Herman Roozen est bien construit, dosant habilement humour et suspense. Il parvient à rendre inquiétants certains personnages qui paraissaient amusants 3 cases plus tôt et à laisser planer suffisamment de doutes quant aux différentes versions de ce qui s'est passé pendant la guerre, un soir au château quand des soldats allemands y ont fait irruption pour capturer des aviateurs anglais qui y étaient cachés. L'intrigue n'évite pas certains clichés portant sur l'aristocratie, mais donne surtout l'occasion à son auteur de décrire quelques personnages joliment farfelus.

Daniel Van Den Broek signe une mise en images efficace et homogène, avec, au passage, quelques jolies trouvailles, comme la partie de carte entre Arnaud et ses parents aux allures d'interrogatoire. On regrettera juste que certains visages dérapent parfois vers la caricature au gré de l'une ou l'autre expression. Mentions spéciale, par contre, pour les couleurs de l'album.

Sympathique surprise d'une lecture fort agréable, Le Traître participe ainsi à la mise en place du petit monde pittoresque du domaine des Basses Terres. De quoi entretenir notre curiosité en attendant des retrouvailles dans un deuxième album d'ores et déjà annoncé.

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Pierre Burssens
21/03/2015