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Biguden - Tome 3/3 : Dahut, par Stan Silas (EP éditions)

Biguden

Tome 3/3 : Dahut

Scénario, dessins et couleurs : Stan Silas

EP éditions

Kouign amann ou sushis ?

C'est déjà fini. Soazig et Goulwen gèrent à leur façon la nouvelle, mais la pilule est dure à avaler. Demain, Biguden rentre dans son pays ! Solenn et Rozen comptent bien participer à l'événement. Et avouons-le, c'est un soulagement de voir la magie disparaître avec cet enfant venu du bout du monde. Depuis son arrivée, les catastrophes s'empilent dans les journaux et les deux vieilles bigoudènes n'ont plus la forme pour faire face. Pourtant, un nouveau danger menace le village du Pouec. Dahut a refait surface après toutes ces années et elle compte bien infliger aux bretons le même sort qu'ils ont fait connaître à sa cité.

Voici donc l'ultime volet de cet attachant triptyque de Stan Silas conjuguant avec autant d'habileté que d'humour les traditions et mythologies bretonnes et japonaises. Biguden veut reprendre la mer et regagner le Pays du Soleil levant, mais elle (?) va se retrouver confrontée à un redoutable adversaire, Dahut, princesse de la légendaire ville d'Ys, responsable de la submersion de celle-ci, et qui, selon certains, hanterait encore aujourd'hui la baie de Douarmenez et les côtes du Trégor sous forme d'une sirène... Cette fois, même l'Ankou semble un rien dépassé par les événements !

L'auteur distille à nouveau son savoureux cocktail, conjuguant humour, aventure et fantastique, non dénué d'émotion et porté par un dessin humoristique teinté de manga. Plus rythmé que les précédents épisodes, Dahut répond aux nombreuses questions laissées en suspens à l'issue de ceux-ci, et, souvent, la surprise est au rendez-vous. Associer cultures bretonne et japonaise constituait un pari audacieux, que Stan Silas a réussi en développant notamment une galerie de personnages aussi amusants qu'attachants : Biguden en premier lieu, mais aussi le duo de ses "initiatrices", Solenn et Rozen, et plus généralement tout le petit monde du village du Pouec. 

Stan Silas nous offre de jolies trouvailles, comme cette (fausse) double-page de journal, ou encore un épilogue apaisé qu'il situe 9 ans après le corps principal de son récit. L'ensemble fonctionne vraiment bien et à de quoi séduire un large public, pas seulement "jeunesse". On quitte Pouec avec un petit pincement au coeur, mais c'est avec beaucoup de plaisir que l'on relira les trois tomes de l'histoire complète. 

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Pierre Burssens

Dans la même série :

Biguden - T1: L'Ankou, par Stan Silas Biguden - T2: Bugul-Noz, par Stan Silas

Pour en savoir plus : le site de Stan Silas

28/03/2016