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L'abominable Charles Christopher - Tome 1, par Karl Kerschl (Lounak)

L'abominable Charles Christopher

Tome 1

Scénario, dessins et couleurs : Karl Kerschl

Lounak

L'abominable au coeur tendre

Charles Christopher, yéti un peu naïf, atterrit dans une mystérieuse forêt habitée par des animaux plutôt loquaces. Parmi eux, un oiseau alcoolique, un lapin romantique et des mouffettes à l'éthique commerciale douteuse. À travers leur quotidien, Charles, déboussolé, tente de comprendre la raison de sa présence et de son étrange connexion avec la forêt.

Alors que Karl Kerschl, auteur originaire de Toronto, officie généralement dans l'univers des comics (The Flash, Teen Titans : Year One, Assassin’s Creed), il nous fait découvrir quelque chose de tout différent avec cet Abominable Charles Christopher. Né sur le blog de l'auteur, ce yéti curieux y a rapidement fait son nid, et Karl Kerschl est passé par l'auto-édition pour une première version de l'album aujourd'hui repris aux éditions Lounak. Entretemps, excusez du peu, Charles Christopher avait raflé un Joe Shuster Award et un Eisner Award.

BD animalière à l'humour doux-amer, ce premier tome déconcerte, tant il est différent de ce que nous connaissons. Présenté en format à l'italienne, on ne retrouve parfois qu'un strip sur une page, exposant plutôt une situation qu'un gag. L'humour est bien présent, les personnages sont étonnants, mais le chemin de Charles Christopher emprunte aussi parfois des détours oniriques ou symboliques. On progresse peu à peu, curieux, sur les traces de ce gentil yéti, rassemblant ça et là les éléments d'une intrigue globale dont on commence à distinguer, très progressivement, les contours. Mais on est parfois tout aussi déboussolé que son personnage principal

Tristesse, tendresse et poésie sont également au rendez-vous des pérégrinations de celui que Loisel, dans sa préface, qualifie fort joliment d'abominable au coeur tendre. L'album pourra être lu (et compris) à différents niveaux et s'adresse dès lors à tous les publics. Surprenant mais séduisant.

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Pierre Burssens
30/05/2016