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Tout conte fée, par Lionel Camou, Bandini (Casterman)

Tout conte fée

Scénario : Lionel Camou
Dessins et couleurs : Bandini

Casterman

Règlement de contes

Lionel et Johan Camou (alias Bandini) nous entraînent dans une enquête délirante qui nous fait croiser le père Noël coincé dans une cheminée en novembre, Roger Ronimo assassiné d'une flèche - mais peut-être est-ce un accident, il nettoyait son arc et le coup est parti tout seul - et mettent leurs enquêteurs farfelus sur la piste d'un petit chaperon rouge... sang. Le tout est cadencé par les interventions d'un certain Jéso qui se prend pour le fils de Dieu.

Imaginez, vous êtes chez vous, dans votre quartier, et vos voisins s'appellent Roger Ronimo, Monsieur Wolf, Monsieur Léon ou encore Laura Chapon. Ca ne vous parle pas ? Pourtant vous les connaissez, mais sous d'autres noms, des pseudonymes, des noms de scène : Géronimo, le loup, le père Noël, le chaperon rouge. Vous croyez les connaître, mais que se passe-t-il dans ce monde lorsqu'on ne joue plus ?

Inutile de se lancer dans une vaine recherche de logique dans ce parcours délirant qui détourne joyeusement les grandes figures des contes de fées et pioche même parfois dans la Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim. Dès les premières planches, on baigne dans un humour absurde que n'auraient pas renié de célèbres humoristes britanniques associés en leur fameux Flying Circus.

Jeux de mots, disgressions, apparitions de personnages largement "off", Lionel Camou fait feu de tout bois pour amuser le lecteur. Mais parfois trop c'est trop, et c'est par petites doses que ceux qui se laisseront séduire par cet univers loufoque devront parcourir ces 130 pages pour ne pas risquer l'indigestion.

Dommage que le scénario n'ait pu être davantage maîtrisé, car les bonnes idées n'y manquent pas, et certaines situations valent leur pesant da cacahuètes. De plus, le dessin de Bandini est plaisant, et son adaptation sous différentes formes au gré du récit s'avère originale. Mais c'est malheureusement l'impression d'être submergé puis perdu qui, Tout conte fée, persiste quand on referme l'album.

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Pierre Burssens
11/06/2016