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Bérézina - Tome 2/3, par Frédéric Richaud d'après Patrick Rambaud, Ivan Gil (Dupuis)

Bérézina

Tome 2/3

Scénario : Frédéric Richaud d'après Patrick Rambaud
Dessins : Ivan Gil
Couleurs : Elvire De Cock

Dupuis

La fin des illusions

1812. À la suite du gigantesque incendie qui a saccagé Moscou et débouté ses troupes, que peut faire Napoléon ? Pour celui qui, enfermé dans ses rêves de grandeur, ambitionne de marcher jusqu'en Asie, il est hors de question de rentrer en France. Mais l'hiver s'installe, les armées cosaques sont plus rapides et plus mobiles, chaque tentative d'avancée se solde par des dizaines de milliers de morts, et le bivouac dans cette ville détruite a affaibli la Grande Armée de manière considérable. 

La machine à vaincre de Bonaparte est bloquée en Russie. Malgré les audaces stratégiques de l'Empereur, son armée se désorganise de plus en plus. Ses unités sont éparpillées et affamées, car l'intendance fait gravement défaut. Commence pour les soldats un autre combat, celui pour la survie. Or, comme on le découvre avec les protagonistes de Bérézina, l'horreur ne se limite pas aux champs de bataille. 

Napoléon s'entête pourtant, malgré les mises en garde de ses généraux et l'arrivée imminente de la neige et de l'impitoyable hiver russe face auquel son armée n'est ni préparée, ni équipée. En six mois, la désastreuse Campagne de Russie vit périr plus de 350 000 personnes.

Frédéric Richaud et Ivan Gil poursuivent l'adaptation du roman de Patrick Rambaud Il Neigeait. Comme dans le premier volet de ce triptyque, ils nous immergent directement dans l'action en nous faisant suivre parallèlement les (mauvais) choix stratégiques de l'état-major et l'odyssée de quelques personnages, tout petits au sein de cette Grande armée...et de l'immensité russe ! On mesure ainsi combien Bonaparte et ses proches sont loin de la réalité, du quotidien de leurs combattants et de ceux qui les accompagnent. 

Entre épisodes aventureux, tantôt quasi surréalistes mais souvent terribles, on sent que Rambaud et, indirectement, ses adaptateurs en BD, ont pioché dans les écrits et témoignages de l'époque pour offrir au lecteur du "vécu", bien plus évocateur que les livres d'histoire. La mise en images d'Ivan Gil est toujours aussi impressionnante et nettement moins figée que dans nombre d'albums traitant de l'époque napoléonienne. Sans doute pourra-t-on lui reprocher parfois des erreurs de proportions entre cavaliers et chevaux (puisque l'on suit notamment un groupe de dragons de la garde...), mais ce petit défaut se fait vite oublier dans une fresque grandiose, et cette fois de plus en plus désespérée. Mention spéciale aux couleurs d'Elvire De Cock et à la très belle couverture.

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Pierre Burssens

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