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Escobar, El Patrón, par Guido Piccoli, Giuseppe Palumbo (Dargaud)

Escobar, El Patrón

Scénario : Guido Piccoli
Dessins : Giuseppe Palumbo
Couleurs : Arianna Farricella

Dargaud

Géant du crime

Pour devancer une extradition vers les États-Unis en 1991, Pablo Escobar, encore très puissant, se livre à la justice colombienne. On l'installe dans une prison dorée, la Catedral. El Patrón raconte les deux dernières années de son existence, de son entrée à la Catedral, ses interrogatoires, sa mégalomanie jusqu'à son ultime fuite. Dix-huit mois de traque : 2 000 hommes à ses trousses, paramilitaires colombiens et CIA, qui finissent par l'abattre, le 2 décembre 1993, sur un toit de Medellín.

Alors que la série télé Narcos connaît un joli succès, on découvre cet album consacré aux dernières années de Pablo Escobar. Héros des quartiers pauvres de sa ville natale, trafiquant international, criminel le plus riche de l'histoire, Guido Piccoli et Giuseppe Palumbo nous dressent le portrait d'un personnage excessif et ambigü et de ses "arrangements" avec le pouvoir en place. "Mieux vaut une tombe en Colombie qu'une prison aux Etats-Unis", déclarait-il. Et c'est sous la pression de différents services gouvernementaux américains que se produisit sa chute.

Agréablement mis en images par Giuseppe Palumbo, El Patrón rappelle assez logiquement différents reportages et documentaires ayant eu trait à la traque de Ben Laden. Sa reconstitution est minutieuse, documentée, journalistique. Il est vrai que le scénariste Guido Piccoli, installé en Colombie, maîtrise son sujet. Il a, en effet, consacré plusieurs ouvrages à Pablo Escobar et aux narcotrafiquants.

Revers de la médaille, le ton journalistique et et la recherche de précision alourdissent le récit. Passées les surprises du début, dues à la démesure du "héros" et à une réclusion quasi surréaliste dans la Catedral, les longueurs ne manquent hélas pas et le suspense est parfois assez relatif...

Escobar s'aborde donc davantage comme un document que comme un album traditionnel, et devrait essentiellement plaire aux amateurs du genre ainsi qu'aux lecteurs qui s'intéressent à l'histoire du grand banditisme.

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Pierre Burssens

Pour en savoir plus : Le blog de Giuseppe Palumbo

04/01/2017