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Cynocéphales - Tome 1/2 : La Bande des Dogues, par Stefano Tamiazzo & Gris de Payne, Stefano Tamiazzo (EP éditions)

Cynocéphales

Tome 1/2 : La Bande des Dogues

Scénario : Stefano Tamiazzo & Gris de Payne
Dessins et couleurs : Stefano Tamiazzo

EP éditions

Au nom de la France ou de la liberté ?

Les cynocéphales, un peuple humain mais...à visage canin, a depuis toujours été caché au sommet des montagnes et utilisé par le gouvernement français pour des affaires secrètes et dangereuses. Mais un jour, l'un d'eux décide que c'en est assez. Il refuse que les membres de sa famille grandissante vivent exclus comme des monstres, malgré leur différence.

L'originalité est de mise pour ce premier tome d'une histoire annoncée en diptyque. En effet, si la BD animalière ou semi-animalière a le vent en poupe, Cynocéphales ne peut y être totalement associé. Les personnages qui donnent leur nom à la série sont essentiellement humains, hormis leurs têtes, évoquant elles celles des différentes races du meilleur ami de l'homme. La nature humaine dominante cause même la présence, au sein d'une même famille, d'hommes et de cynocéphales. Utilisés pour différentes missions par l'armée française, les cynocéphales, considérés comme des monstres, vivent pourtant isolés, en montagne, dans un lieu de plus en plus menacé par la présence grandissante d'alpinistes.

Tout cela, on le découvre très progressivement dans ce premier album. Trop progressivement, car, au début, l'impression de lecture qui domine est celle d'une certaine confusion. Les six premières planches, seulement, sont consacrées à la Bande des Dogues qui donne son titre à l'album.

Pour le reste, on est plongé dans un long flash-back qui permet, peu à peu, de percevoir les grandes lignesde cet univers surprenant.

On se trouve ainsi dans une période proche de la première guerre mondiale, et pourtant, par exemple, dans leur refuge, les cynocéphales semblent vivre selon des règles médiévales...

Heureusement, le beau dessin de Stefano Tamiazzo - jusqu'à maintenant connu chez nous pour La Mandiguerre (scén. Morvan) - ne peut qu'encourager à avancer attentivement dans l'histoire, afin d'en distinguer plus précisément les leviers. Les auteurs, mine de rien, esquissent ainsi de nombreuses pistes, susceptibles d'inscrire plus solidement cette aventure fantastique dans la grande Histoire (colonies fançaises, premier conflit mondial). On se demande ainsi si deux tomes suffiront à les exploiter. Ou alors peut-être ne s'agirait-il que d'un premier cycle ?

Ce premier volet de Cynocéphales demande donc un petit effort pour être abordé, mais se montre toutefois assez prenant pour titiller notre curiosité quant à sa suite. Et, au risque de nous répéter, se révèle, d'un point de vue graphique, particulièrement séduisant.

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Pierre Burssens
23/06/2017