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Airborne 44 - Tome 7 : Génération perdue, par Philippe Jarbinet (Casterman)

Airborne 44

Tome 7 : Génération perdue

Scénario, dessins et couleurs : Philippe Jarbinet

Casterman

Débâcle

"Il nous avait promis un Reich de 1 000 ans. En remerciement, nous lui avaons donné notre enfance, notre adolescence et même notre vie d'hommes et de femmes. Il en a fait des ruines. Alors j'ai trahi, je me suis perdu mais je suis vivant. Berlin est en flammes, deux fronts écrasent l'Allemagne dans des mâchoires impitoyables. Je m'enfuis. Une vraie vie m'attend au bout de cette nuit sans fin. J'en vois déjà la lueur..."

C'est du côté allemand que Philippe Jarbinet situe l'action de son quatrième et probablement dernier diptyque d'Airborne 44. Le Reich s'effondre et l'action se déroule à deux mois de la fin de la guerre. C'est la débâcle, et alors que les plus fanatiques des nazis espèrent un utime sursaut, beaucoup pensent à fuir et à assurer leur avenir. Aurelius K., un ancien SS, est convoqué par un ancien camarade afin d'intégrer un plan d'exfiltration, avec pour bagage une partie du trésor de guerre des SS. Mais les circonstances vont mettre à mal les étapes prévues, amenant le soldat, traqué, à partager son sort avec un jeune déserteur, deux enfants rescapés du camp de Dora et la fille d'un dignitaire nazi. Mais d'autres enjeux apparaissent en cette période, comme le devenir des scientifiques ayant travaillé pour l'Allemagne et des fruits de leur recherches.

L'auteur conjugue habilement ces différents arcs narratifs pour nous délivrer un album prenant de bout en bout. La première séquence de Génération Perdue se déroule en Floride en 1969, et se révèle digne d'un polar. Un ton qui va influencer la lecture de l'album puisque l'histoire relatée dans celui-ci, moins directement "militaire" revêt parfois des allures de thriller. Le but majeur de ses principaux protagonistes est rien de moins que la survie au sein d'un régime qui s'effondre de toutes parts et d'un pays en voie d'anéantissement. Mais les derniers ressorts de la monstrueuse machine conçue par Hitler compliquent encore cet objectif.

Le scénario, riche et complexe, dégage une tension permanente, alors qu'une fois de plus Philippe Jarbinet nous fait rencontrer des personnages aux caractères fouillés et crédibles. L'humanité dégagée par certaines situations paraît être l'ultime refuge face à la débacle générale. L'auteur inscrit son histoire dans un contexte réel précis et très documenté. Des qualités que l'on retrouve naturellement dans sa mise en images, en couleurs directes, comme à chaque fois extrêmement soignée. Chacune des 54 planches de Génération Perdue mérite que l'on s'y attarde pour apprécier le savoir-faire de dessinateur et...de peintre de celui qui les signe. Et au vu des quatre premières, plus tard, on serait curieux de retrouver le travail de Philippe Jarbinet ailleurs que pendant la seconde guerre mondiale...  En attendant, on attend déjà avec impatience Sur nos ruines, second volet de ce diptyque.


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Pierre Burssens
28/12/2017