Auracan » chroniques » Octopolis
Octopolis, par Gaétan Nocq (Daniel Maghen)

Octopolis

Scénario, dessins et couleurs : Gaétan Nocq

Daniel Maghen

A la recherche du temps perdu

C’est quand un proche disparait que l’on s’aperçoit du vide qu’il laisse. Alors que depuis le décès de sa mère il ya sept ans Mona n’a plus revu son père, un chercheur-paléontologue, elle apprend qu’il a disparu depuis un mois. Bouleversée par cette nouvelle, elle débarque en catastrophe à Paris dans l’appartement de ses parents où elle décide de mener l’enquête pour qui sait, renouer avec lui.

Elle trouve peu d’indices sur place pour commencer les recherches sinon la présence d’un ara bleu effarouché, gardé par la concierge lors des longs déplacements de son aventurier de père. Reste quand même un ordinateur qui va révéler des informations sur ses derniers contacts, ainsi que la présence d’un répertoire dénommé Octopolis, protégé par un mot de passe qu’elle ne tardera pas à craquer pour découvrir un essai sur l’évolution du vivant et sur le comportement et l’intelligence des poulpes.

Bon nombre de questions fusent à commencer par celles-ci : pourquoi cet essai était-il protégé, son père avait-il peur d’un piratage ou que des éléments compromettants correspondant à ses découvertes soient dérobés ?

Du Musée d’histoire naturelle de Paris au centre de formation en plongée sous-marine de l’Estaque en passant par une galerie d’art océanien, Mona tente de rencontrer les derniers contacts de son père et reconstituer son parcours depuis qu’il n’a plus donné signe de vie.

Au travers de la quête d’une jeune femme à la recherche d’un père qu’elle a délaissé, l’auteur Gaétan Nocq tisse un thriller écologique fort documenté et puissant entrainant le lecteur dans les profondeurs abyssales, à la découverte d’un monde en danger, souvent méconnu du grand public.

Passé maître dans l’art du croquis sur le vif, notamment dans la réalisation de bons nombres de carnets de voyage, il s’inspire de cette technique pour réaliser un dessin tout en nuances et tout en couleurs fort approprié au récit, captivant encore mieux son lectorat.

Voilà un remarquable manifeste pour la préservation des grands fonds et espaces naturels protégés ainsi que pour la défense de la faune marine et des coraux, qui va apporter du moulin à la prise de conscience de l’emprise de l’homme sur la nature qu’il ne cesse de détruire.


 
Partager sur FacebookPartager
Bernard Launois
 

 

 
02/05/2024