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Criticopolis, par Marie Baudet (Glénat)

Criticopolis

Scénario, dessins et couleurs : Marie Baudet

Glénat

Quand le ridicule ne tue pas

L’écrivain Vincent Ballot a bien failli tomber de sa chaise à la lecture de son journal lorsqu’il a vu avec quelle manière le critique littéraire Thibaut Lopez a descendu son dernier livre. Stupeur, effroi, puis bon nombre d’interrogations vont tarauder l’écrivain : combien de lecteurs, à commencer par son éditeur vont lire ce torchon, pourra-t-il signer le contrat de son prochain roman… ? Vincent Ballot n’a-t-il pas pensé alors que l’écrivain Jules Renard avait raison lorsqu’il écrivit que « la critique est aisée, et le critique dans l’aisance » ? 

A peine remis de ses émotions, il n’a plus qu’une idée en tête, celle de se venger en exerçant une filature dans l’intention d’en découdre avec ce critique qui lui pourrit la vie. Et puis, s’il n’y avait encore que ça, voilà que son entourage familial ne lui apporte pas que des satisfactions, entouré de personnes à la critique facile.

A l’époque actuelle où tout le monde a la critique ordinaire, notamment en se cachant sous des pseudos pour déverser son fiel, la scénariste Marie Baudet prend un malin plaisir à montrer, tout au long de son récit, que l’on a perdu le sens d’esprit critique et qu’on l’a remplacé par l’esprit de critique, engendrant tout un tas de tensions psychologiques.

Malgré un sujet particulièrement grave où tout un chacun s’arroge le droit de commenter, de noter, de juger parfois à l’emporte-pièce, le récit s’avère des plus jubilatoires et invite le lecteur à faire une sorte d’introspection sur sa manière de faire au quotidien.

Avec un dessin semi-réaliste, sans trait noir ni visage expressif et des couleurs chatoyantes, Marie Baudet reste fidèle à sa patte graphique, reconnaissable entre mille et qui sied, une fois encore, à ce type de récit.

 

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Bernard Launois
14/04/2026