
Fils de bourge
Le doux printemps
Scénario, dessins et couleurs : Eric Stalner
Bamboo, collection Grand Angle
Un bel exemple de résilience et de résistances
Si être le fils du nouveau sous-directeur d’une usine de papier dans la petite ville de Gramont au fin fond du Lot-et-Garonne aurait pu s’avérer un atout pour s’intégrer, force est de constater qu’il n’en est rien !
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Rapidement, François se retrouve rejeté par bon nombre de ses camarades de classe qui, contrairement à lui, ont des parents qui triment dans la seule usine de la région, aujourd’hui en grève et en conflit avec la direction pour obtenir de meilleures conditions de travail et de rémunération. Il faut dire que nous sommes en 1935, à une période où il ne fait pas bon être ouvrier eu égard à l’exploitation des patrons de l’époque, où les cadences infernales remplissent des journées harassantes et interminables pour un maigre salaire.
Ce que ses camarades de classe ne savent pas, c’est que contrairement à ce que l’on pourrait croire ce n’est pas la vie de château pour François, régulièrement rabaissé, voire battu par son père. Aussi, pour se protéger de cette emprise, François se créer une carapace et se rêve en libellule poursuivie par un crapaud. Arrivera-t-il à s’imposer dans le groupe de jeunes communistes qu’il côtoie malgré leurs différences sociales, la libellule arrivera-t-elle à se défaire du crapaud et enfin voler à sa guise ?
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Sur fond de lutte sociale, le scénariste Éric Stalner revient sur cette période troublée notamment par la montée du fascisme à travers le prisme d’un jeune garçon qui n’a en tête que la résistance, celle de s’opposer à son père mais également de combattre les différences sociales…
Alors que l’on s’apprête à fêter les quatre-vingt-dix ans du Front Populaire, le scénario d’Éric Stalner souligne avec justesse le climat si particulier qui a précédé ce gouvernement de gauche dont on parle tant encore aujourd’hui. Le scénario s’avère bien construit avec une alternance de moments forts et d’autres plus propices à la méditation, profitant d’un découpage des plus soignés.
Quant au dessin d’Éric Stalner, on le reconnait et on l’apprécie dès les premières cases avec son trait fin et ses personnages expressifs évoluant dans des décors des plus fouillés remarquablement mis en couleurs.
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