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La langue des vipères, par Juliette Brocal (Rue de Sèvres)

La langue des vipères

Scénario, dessins et couleurs : Juliette Brocal

Rue de Sèvres

Une enquête bien singulière en vase clos

Iodis, fille illégitime de son éminence le prélat, vit cloîtrée au sein de l'abbaye de Réol depuis sa plus tendre enfance, contrainte et forçée de suivre une éducation monastique qui ne la passionne guère mais elle ne désespère de sortir de cette prison à ciel ouvert. Et pour s’en sortir, elle n’a d’autre alternative que de réussir son admission comme doctorante d’autant plus que son père vient de décéder et que la congrégation a décidé de ne plus payer ses études, ce qui la ferait alors intégrer les ordres.

En attendant, Iodis apprend la Langue dont le pouvoir donne de curieuses visions à ceux qui la maîtrisent, notamment la dernière arrivée, Halcyon de Monterréol qui se révèle aussi performante qu’intrigante. Iodis ne l’apprécie guère et bon nombre de faits de violence survenus depuis son arrivée va l’inciter à mener une enquête…

La scénariste Juliette Brocal livre là un excellent thriller, entre fantastique et mystique, en ménageant le suspense dans un environnement tout aussi mystérieux que dans Le Nom de la rose et qu’Umberto Eco aurait certainement apprécié.

Le scénario haletant est servi par le dessin hyperréaliste des plus réussis de Juliette Brocal, rehaussé par de superbes pastels adoucissant l’ambiance prégnante du vase­-clos.

Quelle réussite que ce premier album réalisé au scénario et au dessin par Juliette Brocal qui fait preuve d’une certaine maturité et qui laisse augurer un bel avenir dans la bande dessinée.

Enfin, on notera une édition collector enrichie notamment d’un carnet graphique avec des crayonnés de recherche de personnages et des illustrations pour s’immerger dans les coulisses du projet.

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Bernard Launois
 
21/05/2026