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Gus - Tome 1 : Nathalie, par Christophe Blain (Dargaud)

Gus

Tome 1 : Nathalie

Scénario et dessins : Christophe Blain
Couleurs : Walter

Dargaud

Doutes et tribulations d’un cow-boy dans le Wild West

Gus est un homme heureux. Cow-boy, l’Ouest américain lui apporte la vie au grand air. Hors-la-loi, ce même Ouest lui propose un large choix de riches banques et de trains à dévaliser. Homme, Nathalie lui porte un intérêt qui le titille. Sauf que… la belle Nathalie le mène en bateau, si l’on peut dire puisque cet Ouest américain est plutôt désertique, Nathalie le mène en diligence donc, en train, en canasson, de lettre en télégramme.

Le nouvel album - et premier d’une nouvelle série - de Christophe Blain est très… sauvage, frais, alerte. Le papa d’Isaac le pirate et de Socrate le demi-chien crée ici un nouveau personnage attachant pour ce rapport rigolo entre bandit impitoyable et amoureux irrationnel. Gus a rencontré Nathalie il y a cinq ans à Cincinnati, dont il est visiblement amoureux, mais à la question de son comparse « Et tu l’as sautée ? », il ne peut que répondre par la négative…

Par ailleurs, petit plaisir de lecture qui se déguste le petit doigt en l’air, Christophe Blain distille ses références de western au fil des pages, et l’on se surprend à en chercher, petits détails comme grosses mises en scène. Ainsi, ne se disait-il pas que le pony express ne s’arrêtait jamais de cavaler et qu’il trouvait le destinataire d’une lettre où que dernier soit ? Par ailleurs, Gus et sa dulcinée se donnent rendez-vous à Tombstone, haut lieu des aventures du shérif Wyatt Earp… Mais encore, Gus et ses comparses Clem et Gratt se rendent à El Dorado et chantent les thèmes du film Rio Bravo dans les bouges de la ville.

Le dessin, très stylisé, est aussi un plaisir. Blain manie les changements de rythme avec brio, les personnages changeant de volume, de forme au gré des besoins, se résumant presque à un trait pour signifier la vitesse, les cases présentent des différences de tons pour établir une hiérarchie entre celui qui parle et ceux qui écoutent, entre les personnages principaux et les secondaires, en un rapport premier plan - second plan singulier. Et cet album recèle encore plein d’autres petites choses qui en font un tout savoureux. Vivement Peggy !

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Mickael du Gouret
04/02/2007