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Pauvres Zhéros : d'après l’œuvre de Pierre Pelot, par Baru, collection Rivages/Casterman/Noir (Casterman - Payot & Rivages)

Pauvres Zhéros

d'après l’œuvre de Pierre Pelot

Scénario, dessins et couleurs : Baru

Casterman - Payot & Rivages, collection Rivages/Casterman/Noir

Ça peut se passer près de chez vous

Un village de l’Est de la France abrite une structure hospitalière regroupant un hospice, une sorte d’asile et un orphelinat, un modèle de mauvais genre, peut-être pas de la même trempe de celui qui accueillit les Paracuellos, de Carlos Gimenez, mais n’ayant pas grand-chose à leur envier. Un jour, une jeune infirmière emmène quelques enfants de l’orphelinat se promener dans la prairie. Au retour, l’un d’eux manque à l’appel. Il faut dire que l’infirmière a dû lâcher ses pensionnaires des yeux quelques instants, occupée qu’elle était avec son amant qui passait par là, et que les enfants, trisomiques, nécessitent une surveillance de chaque instant.

Comme il en manque un, branle-bas de combat. Les gendarmes sont dépêchés sur les lieux pour retrouver l’enfant, mais attention quand même, il ne s’agit pas de faire des histoires, de remuer trop de choses : la structure (in)hospitalière fait vivre le village. Bref, ils font le boulot, mais pas de zèle. Quant au dit village, comme nombre de villages, il a ses zouaves, des laissés-pour-compte qui se serrent les coudes quand il le faut, vivant de rapines à la petite semaine pour satisfaire l’appel du ventre. Certains sont plus hallucinés que d’autres, et cela peut causer un drame quand ils croisent une apparition au cœur de la nuit. Et il y a des choses troubles, soupçon de pédophilie, entre autres.

L’album est particulièrement rugueux, et le lecteur se demande s’il est possible de trouver pareille réalité. C’est pourtant le cas : Pierre Pelot s’est inspiré d’un lieu réel, découvert à l’occasion de la naissance de son fils, pour écrire un livre paru au début des années 1980. Quant aux personnages dessinés par Baru, ils ont de ces trognes ! Et quels regards ! Brrrr, on n’aimerait pas les croiser dans quelque chemin désert. On hésite entre jubilation, tant l’histoire est menée tambour battant, et horreur, tant la descente aux enfers ne semble pas avoir de fin.

Une lecture qui vous poursuit bien après avoir refermé cet opus.

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Mickael du Gouret
17/08/2008