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Harlem - Tome 1/2, par Mikaël (Dargaud)

Harlem

Tome 1/2

Scénario, dessins et couleurs : Mikaël

Dargaud

French Queen

Harlem, 1931. Au coeur de la Grande Dépression, l'inventivité est mère de sureté pour joindre les deux bouts. Stéphanie St. Clair, dite Queenie, l'avait déjà bien compris en débarquant à New York il y a maintenant presque vingt ans. L'inventivité quand on est une femme et que l'on est noire, c'est bien plus qu'une nécessité. C'est une question de survieEn quelques années, cette jeune servante antillaise immigrée s'est affranchie du poids de la servitude ancestrale. Mieux encore, elle a créé son propre rêve américain : la loterie clandestine d'Harlem.

Mikaël poursuit son exploration des quartiers de New York avec ce troisième diptyque, consacré cette fois à Harlem. En se documentant sur l'histoire de la commpunauté afro-américaine de Harlem, l'auteur a découvert le personnage de Stéphanie St Clair dont il s'est inspiré pour Queenie, au centre de ce nouveau récit. Et plus encore que dans les précédents tomes de cette collection, on ressent le lien entre scénario et événements et personnages authentiques.

En 1931, le quartier nord de Manhattan est le décor du mouvement de la Renaissance de Harlem, symbole de la culture noire aux USA durant l'entre deux guerres et de ses revendications. Queenie tire des bénéfices conséquents du système de loterie clandestine qu'elle a instauré, mais en redistribue une partie à diverses associations. Un business qui attire l'attention de la Mafia via Dutch Schultz, le baron de la bière qui anticipe la fin de la prohibition, mais qui pourrait également intéresser un certain Lucky Luciano, désireux de développer ses activités aussi lucratives qu'illégales à New York.

Autant que le portrait d'un quartier, c'est celui d'une femme ambitieuse, en avance sur son temps et désireuse de surmonter toutes les barrières de la ségrégation pour elle-même et sa communauté que dresse Mikaël dans une reconstitution soignée et très documentée. Queenie, cependant, conserve une part de mystère entretenue par l'auteur qui nous livre des éléments de son passé sous forme de flash-backs...muets. Et si l'histoire de gangsters donne lieu à une intrigue relativement classique, elle ne constitue pas l'essentiel de ce premier volet.

Graphiquement Mikaël conserve la cap de Giant et Bootblack avec un beau dessin réaliste enrichi de couleurs qui évoquent les photographies anciennes. Les séquences de flash-backs sont, elles, dominées par le bleu. Mention spécial au travail d'encrage. Outre la découverte de personnages attachants, c'est également à une balade-découverte dans le Harlem des anées 30', précisément recréé, que nous convie cet album. Une dimension renforcée par le cahier graphique consacré aux décors qui en enrichit le premier tirage.

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Pierre Burssens

Du même auteur :

Bootblack - T2/2, par Mikaël Giant - T2/2, par Mikaël Giant - T1/2, par Mikaël

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Pour en savoir plus : Le site de Mikaël

21/01/2022