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Richard Dimartino

Richard Di Martino fait partie de la nouvelle génération des jeunes dessinateurs de bande dessinée. Son graphisme est clair, lisible et efficace.

Avec Bruno Falba, il a créé Malek Sliman, une série qui met en scène un flic dans un Marseille futuriste et qui en est à son deuxième volume.

Rencontre avec ce jeune talent prometteur.

Marseille - Extrait de la planche 18 de Malek Sliman T2

Quel a été votre parcours jusqu'à Malek Sliman, votre première série publiée en albums ?
Je dessine depuis que je suis tout petit, comme beaucoup de gens qui font ce métier. Comme orientation professionnelle, j'ai suivi des études de pub. J'ai travaillé quelques années dans ce domaine, tout en faisant de la BD en parallèle. J'essayais de me faire publier. J'ai travaillé avec des fanzines, notamment avec Auracan et Kérozène. Je suis un des fondateurs de ce dernier. Il existe toujours, mais maintenant, nous avons moins le temps de nous en occuper car nous sommes tous passés professionnels.
Après la pub, j'ai bossé deux ans dans le dessin animé. Cela m'a beaucoup apporté, au niveau du story board, des cadrages... J'ai monté le projet Malek Sliman avec Bruno Falba alors que je travaillais au studio. Je l'ai envoyé un peu partout et c'est Vents d'Ouest qui l'a retenu.

Ca a l'air tout simple quand on vous entend parler, mais cela n'a pas été aussi facile en réalité. Vous avez aussi dessiné un album complet qui n'a jamais vu le jour...
C'est un album qui devait être publié par un petit éditeur de la région de Marseille. J'avais dessiné 40 des 44 planches lorsque la boîte s'est plantée. Et je n'ai jamais rien touché pour ces planches car il n'y avait pas d'avances sur droits.
Sur le moment, je l'ai assez mal vécu. Avec le recul, je me dis que ce n'est pas plus mal ainsi parce que maintenant, j'en aurais honte. J'en retire malgré tout une expérience positive, cela m'a appris à tenir la longueur et à me faire la main, alors que jusque là, je ne réalisais que des histoires courtes pour des fanzines.

Malek en mauvaise posture (extrait de Malek Sliman T2)

Peut-on dire que c'est cela qui vous a fait progresser ?
Sur un projet qui demande un an de travail, on progresse, c'est sûr. Mais ce qui m'a le plus apporté, c'est le dessin animé. C'est un boulot assez exigeant. Il y a des impératifs de délais. Il faut s'adapter à des styles, à des séries qui peuvent se dérouler à différentes époques, dans des lieux totalement différents. Et il faut être productif rapidement.

Comment est né Malek Sliman ?
A la base, j'avais créé seul le personnage, sa coéquipière et l'univers dans lequel ils évoluent, à savoir Marseille dans le futur. Mais j'avais du mal à écrire un scénario seul. Un jour, alors que j'étais attablé avec d'autres auteurs au festival de Solliès-Ville, mon dossier est tombé dans les mains de Bruno Falba. Mon dessin lui a plu et il m'a proposé de travailler avec lui.
En partant sur les éléments que j'avais imaginés, il a approfondi l'histoire et les caractères des personnages en leur donnant une personnalité plus fouillée.

Pouvez-vous nous donner les éléments principaux du premier album ?
L'histoire débute alors que Malek est un adolescent d'une quinzaine d'années. Comme il n'a plus ses parents, il vit avec sa grande soeur et son compagnon. Ce dernier est un voyou, un chef de clan. Il est dans tous les mauvais coups pour autant que cela rapporte. Un soir, alors qu'il participe à un échange lié à un trafic d'organes sur les quais de Marseille, la police intervient. Malek arrive à ce moment-là pour prévenir son beau-frère que sa femme est en train d'accoucher. Suite à l'intervention des forces de l'ordre, il se plante en scooter et à son réveil, il ne retrouvera plus la trace de son beau-frère.
On avance dans le temps de quinze ans. Malek est flic. C'est un flic assez "social". Il a toujours en tête de découvrir ce qui est arrivé à son beauf. Et on va suivre son enquête au fil des trois premiers albums de la série...

Extrait de Malek Sliman  T1 (pl 3)

Marseille est un peu une ville à la mode...
Oui, Marseille est devenue depuis quelques années un lieu d'actualité. Notamment avec le développement du rap et des films comme "Taxi". Pour ma part, c'est assez commode d'avoir situé la série dans cette ville, car, comme j'y vis, cela m'apporte des facilités au niveau de la documentation.

Il y a aussi pas mal d'auteurs de bande dessinée qui habitent du côté de Marseille...
Nous devons être une bonne quinzaine, dont Herlé (Nabuchodinosaure) et Mourier (Troll de Troy). Nous nous rencontrons régulièrement pour discuter et échanger nos idées.
Avec trois copains dessinateurs (Olivier Thomas, Thomas Allart, Bruno Bessadi), nous avons monté un atelier BD depuis quelques mois. Cela nous permet de nous dynamiser au lieu de travailler chacun chez soi.

Comment est venue cette idée d'atelier ?
Nous étions tous dans une situation où on passait du lit à la table à dessin, puis à la table de la cuisine, puis au lit... Ce n'est pas une vie. C'est plus convivial de voir d'autres collègues comme lorsqu'on travaille au bureau, de bosser ensemble, de s'entraider...

Malek Sliman et sa coéquipière  (inédit)
Propos recueillis par Marc Carlot en janvier 2001
Illustrations © Di Martino, Falba, Vents d'Ouest

Découvrez les premiers travaux de Richard Di Martino dans Auracan n°7, 8, 9, 11, 12, 14, 17.
Lire la critique de Malek Sliman - T2: A un de ces quatre
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