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Rudi Miel, le scénariste

Quelle a été votre réaction quand Will vous a proposé de lui écrire un scénario ?
Je n'aurais jamais pensé lui proposer moi-même. Mais comme cela venait de lui, j'ai tout de suite été partant. Cependant, je voulais que l'on travaille ensemble sur cette histoire, de manière à ce qu'elle lui corresponde parfaitement. Il fallait que la magie de son univers transparaisse.

Quel a été votre point de départ pour initier le processus de création du récit ?
La nature et les arbres en particulier ont été le point de départ de notre réflexion. De là, ont découlé l'exotisme et l'aventure. L'arbre faisant le lien. On retrouve le côté "rocs et arbres" provenant de son univers graphique, issu de séries comme Isabelle, par exemple.

Aviez-vous une idée précise de l'atmosphère que vous souhaitiez donner ?
Pour imaginer l'atmosphère du récit, je suis parti du charme qui se dégageait de l'univers d'Isabelle, de quelques Tif et Tondu, assez passionnants, et des quelques histoires que Will avait réalisées en couleur directe sur des scénarios de Stephen Desberg. L'Arbre des deux printemps fait le lien entre ses séries tout public et ses albums plus adultes.

Vous avez choisi les dessinateurs qui termineraient l'album avec Claude, l'épouse de Will. Y en a-t-il qui ont décliné l'offre ?
En général, ils ont bien embrayé. Mais certains ont renoncé. Morris avait peur de ne pas se sentir assez à l'aise dans cet univers, trop différent du sien. Des ennuis de santé ont empêché Willy Lambil de participer à l'aventure. Geerts a abdiqué après quelques essais infructueux. Il a symboliquement apporté sa contribution au travail de Frank. Frank Le Gall, pris par la réalisation de son onzième album de Théodore Poussin, n'a dessiné que le strip final du récit.

Cela n'a-t-il pas été trop difficile de gérer un projet avec une vingtaine de dessinateurs ? Comment avez-vous travaillé ?
J'ai d'abord dû adapté le scénario de manière à distinguer des séquences qui pourraient être dessinées par des auteurs différents. J'ai ensuite recontacté les auteurs pressentis pour leur proposer ces séquences qui allaient de 1 à 7 planches.
Evidemment, lorsque tout ce monde a reçu mes découpages, comme ils n'ont pas la même méthode de travail, certains les ont trouvés trop précis, d'autres pas assez. J'ai dû m'adapter à chacun. A la base, je ne suis pas quelqu'un de très directif, je laisse une certaine liberté au dessinateur, du moment qu'il respecte la cohérence du scénario. La seule chose que nous avons imposé à tous les dessinateurs, est l'utilisation de la couleur directe pour la réalisation des planches. Cela permettait de garder une meilleure cohérence à l'histoire en évitant de trop perturber le lecteur par les styles graphiques multiples.

Dany et Rudi Miel
Dany et Rudi Miel

Que retenez-vous de cette aventure ?
L'histoire d'amitié que j'avais entamée avec Willy s'est poursuivie avec des auteurs qui étaient ses amis et que je ne connaissais pas tous. J'ai découvert des gens extraordinaires. C'est la magie de Will qui continue...

L'arbre des deux printemps par Will & Co et Rudi Miel

Propos recueillis par Marc Carlot. Reproduction interdite sans autorisation préalable.

 

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