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CHINAMAN
Tome 4 : Les
Mangeurs de Rouille
Scénario : Serge Le
Tendre avec la participation de Chantal
Dessins : Olivier Taduc
Couleurs : Céline Puthier
Humanoïdes Associés
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Serge
Le Tendre et Olivier Taduc continuent à redéfinir le
western. Cette série est atypique : le héros n'est pas un cow-boy
tel Red Dust dans Comanche, n'est pas un militaire contestataire
comme Blueberry, Chinaman est un Chinois. A l'opposé des
caricaturaux restaurateurs chinois dans Lucky Luke, c'est
la première fois en bande dessinée que le personnage principal
n'est ni un blanc, ni un Indien, mais un Chinois. Il en résulte
une vision de la conquête de l'Ouest américain totalement autre,
complètement renouvelée.
Nous retrouvons
Chinaman, Chinois déraciné et solitaire, ancien mercenaire
des Triades, dans ce quatrième tome où le hasard l'amène à rencontrer
les constructeurs du chemin de fer transcontinental. La vie dans
le chantier est intenable : les ouvriers irlandais et chinois
se vouent une haine inconsidérée, les tensions sont si importantes
qu'elles menacent sérieusement l'évolution des travaux. Chinaman
va se retrouver protecteur des Chinois contre les Irlandais, et
pis, contre Sing, celui qu'il a évincé. Pour défendre son ami
Li, et pour l'honneur d'une gamine prostituée par Sing, Chinaman
va risquer gros . et rien de bénéfique ne semble possible quand
les mentalités occidentales rencontrent les traditions orientales.
Le discours
de Le Tendre est remarquable : tout est prétexte à dénoncer
le racisme, la bêtise, et surtout le déracinement des Chinois,
victime des Blancs, mus par l'appât du gain. Le plus terrible
pour le lecteur est que le héros est parfaitement conscient de
la déchéance de ses compagnons. Le trait de Taduc progresse sérieusement
d'album en album : il éclate encore plus ses planches, invente
des physionomies qui n'ont rien à envier à celles imaginées par
Giraud, et sa plume fine et alerte sert un sens du mouvement très
crédible. Mention spéciale pour le travail de la coloriste : décors
et atmosphères sont sensiblement rendus.
Alors
que pour certains auteurs, faire un western en bande dessinée,
c'est plagier plus ou moins maladroitement Blueberry, Le
Tendre et Taduc inventent avec Chinaman une nouvelle veine
: le western humaniste.
Brieg F.
Haslé

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