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La Lettre forme le second volet du diptyque que
La Comtesse inaugurait. Pris dans un guet-apens, Jérôme
Bloche est suspecté de meurtre sur la personne d'une
comtesse fantasque. Il faut dire que les faits semblent accuser
irréversiblement notre infortuné détective.
Bien vite, il mettra fin lui-même à la course-poursuite
dont il est l'objet
C'est Babette qui, cette fois-ci, mène l'enquête
afin de disculper son amoureux, au grand dam de l'inspecteur
de police, qui n'est guère disposé à
suivre le raisonnement de la pétillante hôtesse
de l'air, d'une partialité désarmante à
ses yeux. Babette va se souvenir des méthodes de Jérôme,
et ses pas la mèneront au sein d'une secte où
règne en maître et seigneur "l'Etre Suprême"
qui pourrait bien détenir la clef du mystère.
Une fameuse lettre, qui fait remonter à la surface
une sombre histoire de famille, implique tous les protagonistes
: la comtesse, Fabien, son petit-fils, et les lient au fameux
artiste, dont la toile a déclenché toute cette
aventure.
Comme à son habitude, Dodier s'emploie à
créer un univers à la fois familier et sympathique,
à l'image de son héros, qui a l'art de s'attirer
les bonnes grâces des individus les moins amènes.
Entre une sympathique comtesse, institutrice en retraite,
humaniste et intransigeante, quelque peu portée sur
la bouteille et les bons plats, un hurluberlu qui se dit détaché
des choses matérielles, Dodier plante une atmosphère,
un décor, qui emprunte autant au conte qu'à
la veine du roman populaire. Daniel Pennac a dû s'en
souvenir lorsqu'il s'est lancé dans la création
des aventures de son héros Benjamin Malaussène
à travers Belleville.
Dodier a cette qualité de transmettre émotion
et humour sans jamais tomber dans le pathos ni dans la mièvrerie.
Un second diptyque qui ménage l'intrigue jusqu'aux
dernières pages et donne à La Lettre
une issue digne de l'esprit de la série.
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