Après de longues années en institut psychiatrique,
Daniel Daremberg est jugé apte à reprendre une
vie normale. Ce n’est pas sans un pincement au cœur
que le Docteur Huygens voit partir son patient. Elle l’a
soigné depuis son enfance et cela crée forcément
des liens. Daniel s’installe donc dans un coquet petit
appartement. Le voilà libre ! Sa soif de liberté le
mène sur les toits de son immeuble. De quoi goûter
au mieux d’une belle journée ensoleillée… C’est
aussi le cas d’une jeune femme qu’il aperçoit
au détour d’une cheminée. Elle semble bien
apprécier la chaleur des rayons sur sa peau nue. Leur
regard se croise… pour le malheur de notre explorateur
des toitures…
Ce premier volume de Chimères est un livre
déroutant.
On a envie d’en savoir plus à mesure que les
pages défilent, et, arrivé à la fin,
on n’aspire qu’à une chose : comprendre
ce qui se passe, lire encore et encore. Il laisse une impression
bizarre lorsqu’on le referme. Thomas Mosdi sait
ménager
le suspens. Les séquences se succèdent, donnant
des bribes d’informations au lecteur. De quoi le mettre
en appétit. Le personnage de Daniel Daremberg est énigmatique.
S’immisce-t-il
réellement dans les esprits des femmes qu’il
rencontre ou cela fait-il partie de sa folie ? Qui sont ces
gens qui enlèvent des femmes ? Et pourquoi ?
Jospeh Béhé signe ici un fort bel album. Son
trait proche du croquis donne beaucoup de souplesse à ses
planches. Ses couleurs aquarellées leur apportent
douceur et sensibilité.
Cet étonnant album se termine par un
carnet de croquis agrémenté de
poèmes de Baudelaire, Rimbaud et Verlaine. |